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Chine

Mozi (vers -479 / -372)

 

Pour Mozi, la cause du désordre originel est l’absence d’un principe unique de moralité. C’est pourquoi, à l’idéal de l’homme de bien défini par Confucius, Mozi substitue la figure de l’homme capable.
Sa pensée est basée sur l’utilitarisme et la fonctionnalité poussée à leur comble. Si l’homme agit, cela doit être dans un but déterminé, aucune action ne valant pour elle-même et ne trouvant son fondement dans la subjectivité. 

Pour cela, l’autorité doit être défini sans restriction car c’est le chef qui est seul apte à déterminer le licite et l’illicite. Il faut se soumettre totalement et constamment à sa volonté. Il ne peut y avoir de bonnes mœurs si son pouvoir de coercition se trouve limité. 

Cette obsession de la fonctionnalité engendre immanquablement une uniformisation, un nivellement. Ceci constitue une démarcation d’avec le ren confucéen qui s’attache au contraire à distinguer des degrés de proximité par cercles concentriques (moi, la famille, le pays, l’univers). Alors que le deuil gradué selon la proximité de parenté est au centre du ritualisme confucéen, il est radicalement rejeté comme trop subjectif par Mozi pour qui tout le monde doit être sur un pied d’égalité. 

« L’amour universel » de Mozi n’est donc pas « l’amour pour autrui » dont parlait Confucius. Il ne relève pas de l’émotion ou du sentiment, mais plutôt d’une préoccupation impartiale et raisonnée au service du bien commun.

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Proposé par Frédéric BARRON