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Occident

Epicure (-341/ -270)

 

La morale d’Epicure (créateur du Jardin) est une morale du plaisir.
Or une morale du plaisir, pour lui n’est possible que si l’on supprime toutes les représentations qui empêchent l’homme de jouir de ce plaisir, que si l’on met un terme à ces causes d’anxiété que constituent la croyance dans l’immortalité de l’âme, et la crainte de la mort.
Pour cela, Epicure mêle à la morale de plaisir d’Aristippe, la théorie atomiste et matérialiste de Démocrite. Nous n’avons pas à craindre la mort car l’âme comme le corps n’est qu’atomes dont l’individualité est illusoire. A aucun moment nous ne pouvons donc éprouver la mort. 

Une fois détaché de ces angoisses, Epicure, comme tous les philosophes grecs, rappelle que le plaisir est bon. Mais il ajoute qu’il n’y a pas de vertu ni de moralité sans plaisir, et qu’il n’existe point d’autres plaisirs que les plaisirs corporels car tous les autres plaisirs s’y ramènent indirectement.
Il faut donc pour vivre vertueux, rechercher le plaisir, mais pas les plaisirs des débauchés, ni ceux qui consistent dans la jouissance physique.
Sa morale du plaisir est une morale basée sur les plaisirs nécessaires, liés à nos besoins naturels, à l’exclusion des plaisirs non naturels dépassant nos besoins (gloire, pouvoir, luxe, etc.). Le but est de ne pas souffrir dans son corps et de ne pas être troublé dans son âme.
Ce qui compte dans le plaisir c’est sa qualité et non sa quantité. Il faut le dompter car la sérénité permet de mieux supporter la souffrance.
Ainsi l’élimination des désirs superflus n’est-elle pas un renoncement mais au contraire une ascèse. 

Complètement détaché de la Cité, tourné vers le seul individu, l’idéal de liberté que prône Epicure le conduit à critiquer la société génératrice de désirs qui, comme le luxe et les honneurs, ne sont ni naturels, ni nécessaires.
Pour vivre heureux, vivons cachés.

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Proposé par Frédéric BARRON