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La morale d’Epicure (créateur du Jardin) est une morale
du plaisir.
Or une morale du plaisir, pour lui n’est possible que si l’on supprime
toutes les représentations qui empêchent l’homme de jouir de ce plaisir,
que si l’on met un terme à ces causes d’anxiété que constituent la
croyance dans l’immortalité de l’âme, et la crainte de la mort.
Pour cela, Epicure mêle à la morale de plaisir d’Aristippe, la théorie
atomiste et matérialiste de Démocrite. Nous n’avons pas à craindre la mort
car l’âme comme le corps n’est qu’atomes dont l’individualité est
illusoire. A aucun moment nous ne pouvons donc éprouver la mort.
Une fois détaché de ces angoisses, Epicure, comme tous
les philosophes grecs, rappelle que le plaisir est bon. Mais il ajoute
qu’il n’y a pas de vertu ni de moralité sans plaisir, et qu’il n’existe
point d’autres plaisirs que les plaisirs corporels car tous les autres
plaisirs s’y ramènent indirectement.
Il faut donc pour vivre vertueux, rechercher le plaisir, mais pas les
plaisirs des débauchés, ni ceux qui consistent dans la jouissance
physique.
Sa morale du plaisir est une morale basée sur les plaisirs nécessaires,
liés à nos besoins naturels, à l’exclusion des plaisirs non naturels
dépassant nos besoins (gloire, pouvoir, luxe, etc.). Le but est de ne pas
souffrir dans son corps et de ne pas être troublé dans son âme.
Ce qui compte dans le plaisir c’est sa qualité et non sa quantité. Il faut
le dompter car la sérénité permet de mieux supporter la souffrance.
Ainsi l’élimination des désirs superflus n’est-elle pas un renoncement
mais au contraire une ascèse.
Complètement détaché de la Cité, tourné vers le seul
individu, l’idéal de liberté que prône Epicure le conduit à critiquer la
société génératrice de désirs qui, comme le luxe et les honneurs, ne sont
ni naturels, ni nécessaires.
Pour vivre heureux, vivons cachés. |