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Chine

Pensée cosmologique

 

Les écrits sur la pensée de la nature
A l’époque des Royaumes Combattants, les rites qui avaient formé toute la pensée antique se délitent. Dans le même temps, la référence au cours naturel des choses, développée par les taoïstes, devient prépondérante. La formulation systématisée d’une pensée cosmologique devient alors possible et se retrouve dans deux livres.  

Ainsi, on trouve dans « Printemps et Automnes » (Lüshi Chunqiu), l’exaltation de la préservation de l’intégrité physique comme point d’encrage du naturel. Il est préconisé pour préserver le principe vital, de garder sa vie ou sa nature intacte, fût-ce au détriment du sens moral.  

Dans « Guanzi » est valorisé le quiétisme, programme de préservation du soi physique conçu comme extension de l’ordre cosmique, destiné à la maîtrise de la réalité matérielle grâce à la stricte discipline des activités du corps.

Le Qi, souffle de vie
Le Qui est le « souffle primordial » qui donne forme à toute chose et à tout être dans l’univers. Il n’est ni esprit ni matière, il est souffle de vie. Il a pour caractéristique de circuler selon un rythme binaire : condensation à la naissance ; dissolution à la mort. L’homme doit la vie à une condensation du Qi.  

Il n’existe pas de démarcation entre santé physique (le Qi reçu à notre naissance) et santé morale. En cultivant notre Qi, nous travaillons à notre culture morale personnelle. Etre sage, s’est donc savoir conserver une parfaite intégrité physique et morale.

L’école du Yin/Yang
A l’époque des royaumes combattants, le Yin et le Yang ne désignent plus des phénomènes concrets (chaud et froid ; hiver et été ; etc.) mais se revêtent d’une notion abstraite. Ils sont perçus comme les deux souffles primordiaux qui par leur alternance et leur interaction, président à l’émergence et à l’évolution de l’univers. 

Yang principe dynamique, Yin principe de repos, alternent en un rythme de vie. Yin et Yang ne désignent pas deux forces opposées qui s’appliqueraient au Qi comme matière inerte. Ils sont deux phases du Qi constamment en circulation. Bien que de nature contraire, Yin et Yang sont solidaires et complémentaire. Le déclin de l’un signifie développement de l’autre.

L’école des Cinq Eléments
A l’origine, cinq éléments (bois, feu, terre, métal, eau) sont envisagés sous l’angle essentiellement fonctionnel, plus comme processus que comme substance, ce qui leur confère un aspect dynamique. 

A l’époque des Royaumes Combattants, l’alternance des deux souffles primordiaux Yin et Yang se trouvent combinés avec ces Cinq Eléments perçus comme portions de temps (journée, saison, année, dynastie) qui se succèdent dans le temps et dans l’espace suivant le schéma suivant : 

Yang croissant

Intermédiaire

Yin croissant

bois

feu

terre

métal

eau

printemps

été

transition

automne

hiver

est

sud

centre

ouest

nord

vert

rouge

jaune

blanc

nord

 A partir de là, toute une cosmologie est fondée sur l’interaction du Yin et du Yang et la succession des Cinq Eléments.
Indiquons succinctement que l’application du cycle des Cinq éléments est présenté en un cycle de conquête (la terre est labourée par le bois de la charrue, le bois coupé par le métal de la hache, le métal fondu par le feu, le feu éteint par l’eau endigué par la terre). Ceci servira de justification aux dynasties à venir.

L’espace et le temps cosmologique
A la conception cosmologique, « Printemps et automnes » une implication politique sous la forme d’un calendrier qui règle la conduite du souverain. Le rituel est rythmé dans le temps par la succession des mois et des saisons, et dans l’espace par la déambulation du Fils du Ciel à travers les salles du Palais des Lumières. 

Ce comportement ritualisé, tout confucéen, évoque néanmoins le non-agir taoïste. Il intègre autant le couple Yin/Yang que la succession des Cinq Eléments.
Remarquons simplement une vision du monde qui conçoit les nombres non pas comme des entités fixes, mais comme capables de mutations grâce à certaines combinaisons.

Le palais du prince
Il est nécessaire de traduire l’espace en terme de temps, et inversement.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le carré à 9 cases, composé de 8 carrés autour d’un centre reproduit les 4 orients autour du centre, siège de la royauté.
Le plan du palais du prince correspond donc à une norme cosmologique (toiture ronde comme la voûte céleste ; édifice carré comme la terre ; le tout orienté suivant les 4 points cardinaux et autour d’un hall central).

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Proposé par Frédéric BARRON