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Chine

Zhuangzi (vers -390 / -300)

 

Avec Zhuangzi (et Laozi), s’ouvre une ère nouvelle de la réflexion philosophique axée sur la question du rapport entre l’Homme et le Ciel : le taoïsme.
En effet, refusant à la fois l’engagement confucéen pour l’homme, et l’activisme utilitariste de Mozi, Zhuangzi aborde une troisième voie, la Voie par excellence, le Dao. Son propos n’est pas de se mettre en quête de moyens pour remédier à la discorde et à la violence du monde, mais de se mettre tout simplement à l’écoute du Dao dans une attitude qu’il appelle le non-agir. 

Etre à l’écoute du Dao, c’est se mettre en disponibilité de manière à retrouver en soi l’Homme naturel et la Nature en redevenant soi-même, car l’Homme ne forme pas un règne dans la Nature vu qu’il y a Unité du Monde. 

Pour cela, l’Homme doit tendre à fusionner avec le Dao. Cette fusion avec le Dao n’est pas une immersion béate dans le Grand Tout. Elle ne s’atteint qu’au prix d’une longue et régulière pratique d’affinement dont l’aboutissement consiste à considérer les choses comme le ferait un miroir, non pas pour avoir prise sur elles, mais au contraire pour s’en détacher.  

Il s’agit donc de se libérer, de se vider du monde, mais sans jamais le nier au nom de son impermanence (thème bouddhique). Par cette démarche, l’esprit humain n’est plus affecté par ce qu’il considère comme souffrance : le déclin, la maladie, la mort. Celles-ci ne sont plus perçues comme mal absolu, mais bien plutôt comme faisant partie du processus naturel. 

Dès lors, la question qui se pose n’est plus « que pouvons-nous connaître ? » mais « comment connaissons-nous ? », « quelle validité notre connaissance peut-elle avoir ? ». Cela serait un leurre que de prétendre affirmer quelque chose puisqu’il est possible, simultanément d’affirmer son contraire. Il faut se méfier du langage, non que celui-ci fournirait une représentation faussée de la réalité, mais parce qu’il n’a pas la capacité à avoir une prise quelconque sur la réalité, c'est-à-dire à connaître. Appréhender le dao devient alors une expérience qu’on ne peut exprimer ni transmettre par les mots :
« Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas ». 

Une seule Voie : rester spontané, s’accorder aux choses, sans juger, sans classer,  sans laisser de place au moi ; en épousant ou à reflétant la situation telle qu’elle se présente.

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Proposé par Frédéric BARRON