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Chine

Laozi (-IVe siècle)

 

Zhuangzi avait ouvert la réflexion au taoïsme en prônant l’écoute du Dao. 

Dans un contexte où les principautés les plus puissantes en arrivent à lutter à mort pour l’hégémonie, où le problème le plus pressant est de savoir comment sortir du cercle vicieux de la violence, le propos taoïste de Laozi est comme une réponse à la politique de cette époque des Royaumes Combattants. 

Il rejette le moralisme confucéen autant que l’activisme moïste. Pour lui, la meilleure façon de remédier à la tyrannie est paradoxalement de ne rien faire, de rester dans le non-agir, pour la simple raison que dans le monde naturel aussi bien qu’humain, la force finit toujours par se retourner contre elle-même. 

Ainsi le non-agir, vise à briser le cercle de la violence, en absorbant l’agression et en s’abstenant d’agresser en retour. En s’abstenant de toute action agressive, le non-agir l’emporte sur l’agir par attraction plus que par contrainte. En désamorçant la violence, en se mettant plus bas que l’agresseur, le faible réussit naturellement à triompher du fort. Le non-agir ne consiste donc pas à ne rien faire. 

Le paradoxe consiste à prendre le contre-pied des habitudes de pensée : préférer le faible au fort, le non-agir à l’agir, le féminin au masculin, l’ignorance à la connaissance, etc. Il y a la notion de préférer et non d’exclure. Chez Laozi, comme dans toute la pensée chinoise, les couples d’oppositions ne sont jamais de nature exclusive mais complémentaire, en relation organique et cyclique, sur le modèle du couple Yin/Yang. 

La tolérance taoïste de Laozi n’a donc rien à voir avec l’amour chrétien ou la compassion bouddhiste. Il n’est pas question de motivation morale, mais plutôt d’une loi naturelle. En se mettant plus bas que les autres on fait en sorte que les autres finissent par aller dans le même sens que soi. Agir par le non-agir s’est ainsi suivre la loi naturelle de toute chose qui est d’aller de bas en haut, vers le centre, c'est-à-dire vers l’origine, à l’état de nature tel qu’il était à notre naissance. 

Sur le plan collectif il s’agit aussi de revenir à la naissance de l’humanité, à un état originel antérieur à la formation de sociétés organisées, exempt de toute forme d’agression.

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Proposé par Frédéric BARRON