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Occident

Platon (vers -427 / -347)

 

Comme pour Socrate son maître, la pensée de Platon (créateur de l’Académie) est tournée vers la Cité. Ses écrits, (les Dialogues) sont en fait des textes philosophiques construits à Athènes autour de la politique. 

Mais pour lui, la cité est la réalisation terrestre d’un absolu supraterrestre. Ceci l’amène à s’opposer aux ioniens, et particulièrement aux atomistes, pour qui la science avait sa finalité en elle-même. La science ne doit pas avoir pour objet le monde des phénomènes car elle est incapable de fournir les principes éternels dont la Cité a besoin. 

En fait, le monde pour Socrate est divisé en deux. Le premier est constitué par le monde des Sens (celui dans lequel nous vivons), le deuxième par le monde des Idées (que seul l’usage de notre raison nous permet d’atteindre).
Rien de ce qui existe dans le monde des Sens ne dure. Les phénomènes naturels ne sont que les ombres de formes ou d’idées éternelles. Il est impossible d’avoir une connaissance sûre de ce qui est en perpétuel changement. Les ioniens ont donc tord de prétendre donner une définition du monde qui nous entoure. 

Le monde des Sens n’a pas de réalité propre. Tout ce qu’il contient renvoie à un prototype idéal. Il est le monde des apparences et non point de l’être. Aucune des apparences (un temple beau) ne contient en elle-même la racine de sa propre existence. Ce monde des Sens n’est en fait qu’une réplique imparfaite du monde des Idées. L’idéal est d’atteindre ce mon des Idées qui seul est la vérité. 

On remarque que la théorie des Idées se construit à partir des formes belles. Les objets beaux, les œuvres d’art, les œuvres littéraires ne sont que provisoirement beaux. La preuve en est que nous pouvons changer de sentiment à leur sujet. Nous pouvons en déduire qu’aucun des objets matériels que nous trouvons beaux ne tient en lui-même sa beauté. Il faut en déduire que derrière la multiplicité des objets beaux il existe une beauté en soi, l’Idée de la beauté. Philosopher, c’est donc rechercher cette Idée de la beauté par une ascension dialectique (non l’art du dialogue et de l’argumentation comme chez les sophistes), mais une ascension de l’esprit d’Idée en Idée, jusqu’au beau en soi.
Connaître une chose, c’est connaître non point telle ou telle de ses manifestations, mais son essence qui existe dans le monde des Idées.
Pour cela la science mathématique, la géométrie, est l’introduction parfaite à la dialectique. Il n’est pas de domaine en effet où il soit plus facile de comprendre l’existence de formes idéales, n’existant que pour l’intelligence. 

Mais, avec cette vision, Platon rêve d’une dictature pour la Cité, car pour lui il n’y a pas égalité devant la connaissance. Seule une minorité est suffisamment douée pour parvenir à contempler le monde des idées : les philosophes. De plus, l’horreur de l’imitation frauduleuse le conduit à la condamnation des arts.  

De ce double monde, on constate que c’est la première fois qu’est données en Occident l’idée de la double nature de l’homme : spirituelle et corporelle. Mais en récusant le témoignage des sens, et en proclamant qu’est vrai seulement ce qu’on voit avec les yeux de l’esprit et non avec les yeux du corps, il crée un climat nettement défavorable à l’étude pure et simple des faits.

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Proposé par Frédéric BARRON