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Chine

Mencius (vers -380 / -289)

 

Mencius s’inscrit dans la continuité de la pensée confucéenne. Mais ce qui n’était chez Confucius qu’une intuition du sens de l’humain (le ren), devient avec Mencius l’affirmation puissante de la bonté de la nature humaine comme fondement de la moralité dans sa participation à l’harmonie cosmique. La nature humaine, du fait même qu’elle est nature, est bonne, c'est-à-dire prédisposée au sens moral.
Il n’y a rien de mauvais en soi dans la nature humaine. Le mal et la souffrance proviennent seulement d’un défaut d’humanité (comme tous les penseurs chinois de l’époque, il ne se pose pas frontalement la question du mal). Il importe donc à chacun de prendre son destin moral en main. 

Dans cette perspective, il appartient à l’homme de développer la moralité qu’il possède en germe. Pour cela une seule voie : L’apprentissage qui n’a pour vocation que de retrouver et réanimer quelque chose de déjà présent. La sagesse s’atteint par une connaissance, une identification de l’expérience vécue.  

En fait, en rétablissant un lien de continuité entre homme et ciel, Mencius essaye de trouver un juste milieu entre d’une part Mozi qui fait la part trop belle à l’homme et à sa rationalité, réduisant le sens moral à un utilitarisme purement objectif, et d’autre part Zhuangzi qui place trop haut le Ciel, l’homme n’étant à même de fusionner avec le Dao que s’il accepte de laisser tomber tout ce qui le caractérise comme être humain.  

En politique, Mencius exprime une distinction fondamentale entre l’idéal de « l’homme de bien » et le pouvoir effectif du prince. La meilleure façon de gouverner est de remettre en œuvre le sens de l’humain. C’est le seul mode de gouverner qui se fonde sur le consensus, facteur unificateur et garant de cohésion et de stabilité.
Le gouvernement par le ren n’implique pas une suppression de la hiérarchie politique et sociale, au contraire : le ren est le meilleur garant de la hiérarchie puisqu’il en constitue une justification morale. C’est parce que les supérieurs traitent leurs inférieurs avec humanité que ces derniers, par réciprocité, reconnaîtront « naturellement » leur supériorité.
Dans cette prépondérance accordée au peuple, si le souverain ne se montre pas digne du mandat, il devient légitime pour le peuple qui le porte de le renverser.

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Proposé par Frédéric BARRON