Histoire de l'art : Art roman

France : art et artisanat

 

Sculpture des chapitaux

 
-   La majeure partie des sculptures romanes connues sont des décorations de monuments. Techniquement, l’intérêt pour la décoration classique romaine a contribué à une uniformisation des styles à travers l’Europe (voire l’Espagne, l’Angleterre, etc.).

-   Ces premières sculptures apparaissent au XIIème siècle (à partir de 3 centres : Ile-de-France ; Toulouse ; Cluny). Auparavant, la décoration consistait seulement en une ornementation géométrique extérieure de petits arcs aveugles et de piliers saillants.


Cluny


Moissac

-   Les chapiteaux se révèlent le lieu de cette renaissance sculpturale après la grande période de troubles. Ils sont d’une grande variété : simples cubes légèrement arrondis – décor de feuilles inspirés des chapiteaux corinthiens – entrelacs d’inspiration irlandais – apport musulman au sud de l’Europe – animaux exotiques d’inspiration orientale (lions ; paons ; griffons…).
-   Ainsi, les chapiteaux de Chauvigny (Vienne), sont faits de figures apocalyptiques visiblement inspirés des miniatures mozarabes.


Chauvigny

 
Sculpture des façades d'églises

 

-   Les façades de nombreux édifice religieux se couvrent de sculptures destinées à édifier les fidèles. Les thèmes religieux anciens se perpétuent : vision apocalyptique de saint Jean, le Christ et les apôtres, le Jugement dernier, etc.

-   Techniquement, ces sculptures (tout comme pour les chapiteaux) font preuve d’influences variées (romaines, barbares, mozarabes, syriennes, byzantines, etc.) qui varient d’une région à l’autre.

-   Ainsi, les sculptures de la cathédrale de Bayeux manifestent une forte influence orientale.


Bayeux : cathédrale


Vézelay : église de la Madeleine

-   A Vézelay (1120-1150) on remarque l’habileté du sculpteur roman à agencer son œuvre aux volumes architecturaux qui la reçoit. Le Christ au centre du demi-cercle du tympan de la façade intérieure, est de ce fait représenté très allongé.

-   Les plis des vêtements semblent influencés par la sculpture hellénistique. Par contre, la dislocation des membres, le non-respect des proportions, et l’expressionnisme virulent qui se dégage montrent combien le spirituel prime sur le réel.

-   A Saint-Lazare d’Autun, l’influence des miniatures mozarabes semble avérée.

-   Ainsi, le tympan qui reproduit le « Jugement dernier », présente d’horribles êtres démoniaques très proches des représentations apocalyptiques mozarabes. Par contre, la démesure des corps serait plutôt à mettre au crédit des artistes romans.


Autun : Saint-Lazare


Chartres : Cathédrale

-   Cette démesure des corps explose à la cathédrale de Chartres.

-   Si le désir de « coller » à la structure architecturale est ici manifeste (statue-colonne), il n’en est pas moins évident que cette incroyable longueur des corps paraît répondre à une pensée spirituelle.

-   Par leur rôle de colonne, les silhouettes sont rigides. Mais l’expressionnisme acerbe des visages, et les plis des vêtements qui font penser aux cannelures des colonnes grecques, donne à ces sculptures une présence forte.

 
Fresques

 


Berzé-la-Ville : Chapelle

-   En cette période artistiquement faste, les églises se couvrent de fresques (presque toutes disparues).

-   La chapelle de Berzé-la-Ville (1109 - très endommagée) reste le seul témoignage de la peinture clunisienne. On retrouve ici un des thèmes récurrents de l’art roman (si présent dans les sculptures des façades) : le Christ en gloire dans une mandorle.

-   La technique particulière des fresques de Berzé-la-Ville, consiste à superposer plusieurs couches de couleurs vives (vert ; orange ; jaune…) dans le but de rendre l’œuvre très expressive. Les traits accentués des visages s’inscrivent dans cette démarche.


Berzé-la-Ville : Chapelle


Montmorillon : Eglise

-   La fresque de l’église de Montmorillon (fin du 12ème siècle), comme ce sera souvent le cas dans la peinture romane, se détache sur un fond barré alternativement de bandes claires et sombres afin d’accentuer fortement l’effet scénique.
 
Vitraux

 


Chartres : Cathédrale

-   Dès le début de la période romane, les fenêtres des églises se couvrent de vitraux de couleur.

-   Ceux-ci sont formés de morceaux de verre de couleur, reliés entre eux par une armature en plomb (à la façon d’une mosaïque) qui suit les contours généraux du dessin. Ensuite, afin de donner corps aux personnages, l’artiste peint sur les morceaux de verre les traits des visages et les plis des vêtements.

-   On remarque bien cette technique sur ce vitrail de la cathédrale de Chartres (XIème siècle).

-   Ce vitrail de la basilique de Saint-Denis est un parfait exemple de vitrail roman.


Saint-Denis : Basilique

 
Orfèvrerie

 


Coffret-reliquaire

-   Afin de palier à la coûteuse technique byzantine (et antérieurement barbare) des émaux cloisonnés (pâtes de verre enserrées dans un cloisonné de métal), les orfèvres de Limoges inventent une technique destinée à un bel avenir : le champlevé (émaux non-cloisonnés).

-   La technique du champlevé consiste à appliquer directement les unes à côté des autres sur des plaques de cuivre, des pâtes de verre très épaisses aux couleurs choisies. Lors de la cuisson elles ne se mélangent pas entre elles.

-   Ces émaux servent à décorer des coffrets et des reliquaires dont les motifs peuvent être figuratifs (dont on reconnaît ici les multiples références : figures irlandaises ; décor architectonique carolingien ;  entrelacs barbares et mozarabes ; etc.).

-   Le décor peut être également fait de végétaux stylisés (XIIème siècle).


Coffret-reliquaire

 
Broderie

 


Tapisserie de Bayeux

-   La broderie avec la « tapisserie de Bayeux » qui relate la conquête de l’Angleterre (1077), est une œuvre artisanale atypique.


Tapisserie de Bayeux


Tapisserie de Bayeux

-   Elle se déploie sur 70 mètres de long à la manière d’une bande dessinée moderne (contours noirs des personnages ; gestes vivants…), et relate la conquête de l’Angleterre par Guillaume de Conquérant.
-   La composition (d’inspiration privée) est moins conventionnelle que celles des œuvres des églises (sculpture ; fresques ; vitraux…). Elle nous montre un art « populaire » fait de référence carolingiennes et irlandaises, où l’action prime et la perspective n’a pas de place.


Tapisserie de Bayeux

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Proposé par Frédéric BARRON

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