Histoire de l'art : Art roman

Espagne

 

Architecture : sur le chemin de Compostelle

 
-   En Espagne au XIème siècle, l’implantation de l’art roman suit l’avancée de la « Reconquista » à l’encontre du pouvoir musulman implanté.

-   De ce fait, l’art roman espagnol est fortement inspiré par la France.


Compostelle : Saint-Jacques


Compostelle : Saint-Jacques

-   De plus, le chemin du pèlerinage vers Compostelle favorise pleinement cette pénétration de l’art roman dans le nord de l’Espagne.

-   On le remarque à Saint-Jacques de Compostelle (1124) qui s’inspire dans sa structure de Saint-Sernin de Toulouse : plan en croix latine ; chapelle centrale semi-circulaire ouvrant sur un déambulatoire ; etc.

-   Dans cette action de reconquête, Saint-Jacques de Compostelle devient un modèle pour l’Espagne : en Léon, en Castille, en San-Salvador (ici l'église de Sepùlveda - 1093) et partout ailleurs.


Sepùlveda : Eglise


Zamora : Cathédrale

-   En parallèle, certaines églises comme la cathédrale de Zamora (1174), révèlent une influence byzantine.

-   Avec sa coupole flanquée de tourelles qui lui sert de contreforts (rangée de fenêtres basses ; petits frontons pointus ; lanternes en forme de bulbes), la cathédrale de Zamora s’inspire manifestement des églises de Constantinople.

-   Ce style oriental eut une influence certaine, comme on le remarque sur la coupole de Santa-Maria-la-Mayor de Toro.


Toro : Eglise

 
Sculpture : sur le chemin de Compostelle

 

-   La plupart des églises dérivant de Saint-Jacques de Compostelle sont ornées de sculptures qui paraissent fortement liées aux styles français. On remarque néanmoins une technique très sûre, et un goût prononcé à l’exagération des caractères exprimés.

-   Ainsi, les sculptures de Santo-Domingo de Silos (1100) sont d’une technique supérieure à ce qui se fait en France à la même époque, avec sa composition très construite et sa puissance d’expression qui annonce l’art gothique espagnol.


Silos : Santo-Domingo


Compostelle : Saint-Jacques

-   Les sculptures de Saint-Jacques de Compostelle (1103) s’épanouissent dans une exubérance caractéristique de l’art roman espagnol influencé par l’art roman du Languedoc.

-   On le remarque sur le piler des prophètes dont les sculptures tendent à vouloir rendre la réalité, et à donner aux personnages leurs qualités humaines.

-   Les sculptures colonnes de la cathédrale d’Oviedo (milieu du XIIème siècle), sont une des caractéristiques de la sculpture romane.


Oviedo : Cathédrale


Avila : San-Vicente

-   Les sculptures de San-Vicente à Avila (1190) d’une grande délicatesse, semblent montrer une influence culturelle hellénistique par la douceur des visages et le mouvement des drapés.
 
Fresques : sur le chemin de Compostelle

 


Léon : Panthéon des rois

-   Les rares peintures qui nous soient parvenues proviennent de trop peu d’édifices pour nous permettre d’avoir une vision réelle des œuvres picturales.

-   Les fresques du Panthéon des rois (Léon – 1188) en sont un des rares exemples.

-   Sur ce détail, on retrouve des références multiples dont : traits noirs pour exprimer le contours (carolingiens) ; couleurs vives (carolingiens, mozarabes et irlandais) ; plis des vêtements (carolingiens byzantins) ; etc.


Léon : Panthéon des rois

 
Architecture : Catalogne

 


Roda : San-Pedro

-   Après l’expulsion des musulmans, la Catalogne fut prise dès le XIème siècle d’une fièvre de reconstruction. Conformément à son précédent statut politique, c’est le style carolingien qui dans les premiers temps fait référence (néanmoins légèrement altéré par le style mozarabe).

-   San-Pedro de Roda, édifice à 3 absides (1022) exprime cette influence mozarabe.

-   A partir du XIIème siècle, toute référence passée est supprimée au profit d’une orientation vers l’art italien, et particulière vers le « style lombard » : pilastres de renfort peu saillants ; arcades aveugles : portes à moulures ; etc.

-   San-Clemente de Tahuul (1123) avec son clocher carré ajouré révèle ainsi l’influence italienne lombarde.


Tahuul : San-Clemente


San-Cugat

-   De même, le cloître de San-Cugat (milieu du XIIème siècle), rappelle indéniablement ceux de Lombardie.
-   L’architecture catalane (pétrie d’ornementation lombarde), ne se prête pas à l’ajout de sculptures.

-   Seuls les chapiteaux des cloîtres offrent des sculptures, dont les thèmes sont assez éclectiques : corinthien ; ornemental ; figuratif ; historié.


San-Cugat

 
Fresques : Catalogne

 


Tahull : Santa-Maria

-   Les fresques (seulement 4 ou 5 vestiges) possèdent une certaine affinité avec les fresques du centre de la France. Elles font généralement figurer en haut de l’abside le Pantocrator au centre d’une auréole ovale, ou bien la Vierge à l’Enfant comme à Santa-Maria de Tahull (1123).

-   Si la technique « bande dessinée » avec ses contours aux traits noirs reste de mise, les couleurs ont la particularité d’être plus violentes (rouge, bleu,  jaune intense) que dans le reste de l’Europe.

-   On remarque à San-Clemente de Tahull (1123) l’allongement exceptionnel des figures, et les couleurs particulièrement vives qui caractérisent cet art pictural catalan.


Tahull : San-Clemente

 
Sculpture ; peinture sur bois ; enluminure ; tapisserie

 
-   La statuaire romane en pierre, en ivoire et en bois, représente principalement « Marie » ou « le Christ en Croix.


Léon : Ivoire


Catalogne : Majestad Baltló

-   En Catalogne, le Christ en Croix est représenté vêtu d’une longue tunique.

-   La « Majestad Baltló », se caractérise par la sérénité du visage qui semble représenter le triomphe du Christ sur la douleur. On retrouve tout comme dans les fresques, le même goût pour les couleurs violentes.

-   Les devants d’autel en bois peint sont caractéristiques de l’art catalan.

-   Sur de devant d’autel de « la Seo de Urgel », les thème majeurs présents en catalogne se retrouvent : le Pantocrator dans une mandorle ; une vigueur d’expression des figures ; des contours soulignés de noir ; des couleurs vives.


Seo de Urgel


Avia

-   Le devant d’autel d’Avia, de facture moins rigide,  présente quant à lui (en plus des références précédentes) des réminiscences byzantines.
-   Les enluminures des manuscrits (si présentes à l’époque wisigothique) subissent l’influence romane.

-   Le contour noir et les couleurs vives des devants d’autel se retrouvent, comme on le constate sur cette illustration de la Bible de San-Pedro-de-Roda (XIème siècle).


Bible de San-Pedro-de-Roda


Livre Gothique

-   Le « Livre Gothique » (1125) regorge d’ornements remplissant les vides.
-   La tapisserie de Gérone (broderie datée de 1100), copie des miniatures d’un manuscrit perdu, mêle délicatesse de coloris, réalisme, et imagination fantastique si souvent présente dans l’art roman.


Tapisserie de Gérone

bar38.gif (10187 octets)

Proposé par Frédéric BARRON

Si j'ai malencontreusement utilisé illégalement une photo, merci de me le signaler.
Je la supprimerai aussitôt de ce site.