Histoire de l'art : 1ère Renaissance

Toscane (Italie) : sculpture du XVème siècle

 

Ghiberti

 


Ghiberti : La Porte du Paradis

-   Un siècle après la réalisation de la Porte Sud du baptistère de Florence fondue par Andréa en 1330 (et qui annonçait le retour à l’Antique), Ghiberti fond en bronze la Porte Est dite « Porte du Paradis » (1432 - 1452).

-    Ayant opté pour des « tableaux sculptés » (référence à la peinture) conçus en de vastes espaces rectangulaires de sculptures, il applique la nouvelle technique de la perspective (inventée en architecture par Brunelleschi).

-   Dans son désir de rendre la profondeur de champ, il place ses personnages sur plusieurs plans (représentation nouvelle par rapport aux sculptures gothiques, mais conforme à celles de l’Antiquité).

-   Pour se faire :
    *  Les personnages les plus proches sont plus grands (rendus en ronde-bosse très affirmée).
    *  Les personnages les plus éloignés sont plus petits.
    *  Les paysages sont à peine gravés, ce qui rappelle les reliefs hellénistiques.

-   La perspective architectonique donne sur ce tableau « La Rencontre de Salomon et de la Reine de Saba » son unité à la composition.


Ghiberti : La Porte du Paradis


Ghiberti : La Porte du Paradis

-   Sur le tableau « Esaü et Jacob », la taille et le volume des personnages, des arbres, etc. vont s’amenuisant des 1er plans jusqu’aux derniers.

-   Sur une si petite épaisseur, Ghiberti parvient à donner l’illusion d’une énorme distance entre les personnages du 1er plan et les arcades architecturales du monument situées en arrière plan.

 
Donatello

 

-   Donatello est un des premiers sculpteurs à employer la théorie de la perspective scientifique de son ami Brunelleschi.

-   Le relief « Le Banquet d’Hérode » qu’il réalise pour le baptistère de Sienne (1426) en est un parfait exemple. La multiplication des plans architectoniques successifs permet de donner l’illusion de la profondeur de champ. L’effet est de plus accentué par la technique de sculpture : personnages du 1er plan en ronde bosse dense ; personnages du fond à peine gravés.  


Donatello : Banquet d'Hérode


Donatello : Basilique de Padoue


Donatello : Basilique de Padoue

-   20 ans après, Le relief  qu’il sculpte pour l’autel de la basilique de Padoue (1448) montre sa parfaite maîtrise acquise des règles de la perspective (localisation très étudiée des personnages ; cadre architectural traité de façon minutieuse).

-   La scène qui mêle étroitement les évènements au caractère dramatique et la description théâtrale de la ville, est d’une puissance figurative qui rappelle l’art antique romain.

-   Dans les sculptures sur pied, Donatello réinterprète les « sujets » dans l’intention de rendre plus la grâce du personnage que sa vérité historique.

-   Ainsi, sa sculpture en bronze de « David » n’a pas la virilité attendue du vainqueur de Goliath, mais une sensualité ambiguë destinée à éveiller les sens du spectateur. La rigueur gothique a disparue au profit d’un déhanchement qui semble avoir été inspiré par les sculptures hellénistiques.


Donatello : David


Donatello : David

-   L’aisance de mouvements et les lignes simples et mélodiques du corps et du visage en font une œuvre presque érotique.

-   Donatello prouve la variété de ses capacités artistiques en s’adaptant à la commande.

-   Ainsi, dans le registre monumental, la statue du condottiere Gattamelata qu’il érige à Padoue se veut d’inspiration des statues équestres de la Rome antique. L’allure du cheval apparaît très proche de la statue de Marc Aurèle du Capitole romain, et la sérénité du personnage lui confère une grandeur impériale.


Donatello : Condotierre

 
Les successeurs

 
-   Avec Le Verrocchio, la statuaire en bronze (dans la continuité de Donatello) s’affirme de plus en plus à Florence, et s’émancipe définitivement de l’esprit moyenâgeux.

-   Son David (1465), se présente comme un adolescent fort élégant dans sa cuirasse finement ouvragée, et non comme un personnage biblique. Son déhanchement, qui quelque part rappelle la sculpture grecque classique, exprime en fait une extrême sensualité androgyne bien loin des rigueurs des époques précédentes.


Le Verrocchio : David


Le Verrochio : Bartolomeo Colleoni

-   Dans son imposant monument équestre dédié à Bartolomeo Colleoni, Le Verrocchio sut rendre toute l’arrogante vitalité du condottiere.

-   Contrairement à la statue équestre de Donatello, sereine, ici tout est expressivité et presque brutalité.

-   Tout comme Ghiberti, Luca della Robbia exprime complètement sa passion pour l’Antiquité.

-   Techniquement, sur les reliefs de marbre de la « Cantoria » (1438) qu’il réalise pour la cathédrale de Florence on retrouve des caractéristiques classiques :
   * La profondeur de champ rendu par les personnages du 1er plan sculptés en ronde bosse affirmée, et ceux de l’arrière plan à peine gravés.
   * Le traitement réaliste des drapés à l’antique.


Luca della Robbia : Cantoria


Luca della Robbia : Cantoria

-   Humainement (également dans la pure tradition classique) ce groupe de musiciens-chanteurs est saisissant d’un réalisme jamais atteint depuis l’époque romaine.

-   L’harmonie musicale est rendue avec une telle intensité par les gestes, les attitudes, les regards, que les sons semblent traverser l’œuvre sculptée.

-   Dans la 2ème moitié du XVème siècle, la sculpture monumentale toscane évolue vert un art élégant et précieux, à la beauté purement formelle, à la surcharge décorative, reflet d’un art devenu utilitaire (tombeaux ; monuments glorifiant ; etc.) au service de la puissance acquise.

-   Dans cet esprit, Bernardo Rossellino crée le type de tombeau monumental « Renaissance » destiné à un grand avenir : sarcophage portant un gisant ; décor architectonique ; surcharge décorative ; etc.


Bernardo Rossellino : Tombeau

 
Arts décoratifs

 
-   Dès cette époque, le désir d’exprimer l’art antique se manifeste en Toscane jusque dans des œuvres destinées à la vie quotidienne (vases ; pièces de vaisselle ; plaques décoratives).

-   Ainsi, le sculpteur Luca della Robbia ne s’interdit pas de se manifester dans l’art des terres cuites vernissées destinées à orner les habitations.

-   Avec des couleurs claires peu variées (surtout le blanc et le bleu) il représente des thèmes à caractère bucolique et aux personnages empreints d’un naturel impensable au Moyen-âge.


Luca della Robbia : Portrait


Agostino di Duccio : Temple des Malatesta

-   Avec Agostino di Duccio, la sculpture décorative prend le parti de s’appuyer sur les techniques sculpturales de l’art romain tardif :
   * Sculpture plate en bas relief.
   * Emphase de la composition, magnifiée par un entrelacement des courbes.

-   Pour accentuer ses effets décoratifs, il souligne l’ensemble par un ajout de couleurs bleue et or.

-   Avec « La Vierge à l’Enfant » en terre cuite polychrome, Agostino di Duccio atteste son attrait pour une certaine affectation sentimentale quelque peu éloignée de la démarche réaliste des artiste de la Renaissance.


Agostino di Duccio : Temple des Malatesta

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Proposé par Frédéric BARRON

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