Histoire de l'art : 2ème Renaissance

Léonard de Vinci

 

Atmosphère et "sfumato"


Léonard de Vinci : Annonciation

-   Léonard de Vinci est un parfait reflet de la Renaissance florentine humaniste des Médicis de la fin du XVème siècle.
-   Très tôt il manifeste une forte prédilection pour l’expérience fondée sur une recherche continuelle et concrète des sens et des différents aspects de la nature.
-   De ce fait en ce qui concerne la création picturale (parmi ses multiples recherches techniques) il touche à de multiples domaines créateurs (Construction de la perspective aérienne ; Graduation impalpable de la lumière rendue par le « Sfumato »).


Léonard de Vinci : Annonciation


Léonard de Vinci : Annonciation

-   « L’annonciation » (1475) est une de ses 1ères œuvres complexes dans laquelle apparaît les caractéristique de son art :
   * La délicatesse des traits des personnages (la Vierge).
   * La pureté des profils qui évoquent Botticelli (l’ange).
   * L’atmosphère et la lumière naturelles du paysage du fond.
   * Un certain intérêt pour la précision chromatique et graphique de l’art flamand (le pré fleuri).

-    Avec Le portrait de « Ginevra Benci », Léonard (créant un type féminin qui servira de modèle pendant des décennies) s’éloigne définitivement de la perspective scientifique basée sur des contours et des couleurs rigoureuses.
-   Son but est de donner l’illusion d’une atmosphère, grâce à la douceur du tracé rendu par son invention : le sfumato.


Léonard de Vinci : Ginevra Benci


Léonard de Vinci : Ginevra Benci

-   Le « sfumato » est basé par un passage délicatement gradué du clair au foncé, qui crée autour des formes une atmosphère lumineuse et vaporeuse.
-   De ce fait, il n’y a plus de contour appuyé, mais un rendu du relief plus suggestif qu’expressif.

 
Dernière oeuvre florentine

-   Avec « L’Adoration des Mages » (1482), une des dernières œuvres florentines (inachevée) de Léonard de Vinci, toute rigidité d’isolement graphique a été abandonnée au profit d’une relation lumineuse entre 3 groupes de personnages (prélude aux compositions du XVIème siècle) qui sont :
   * Le groupe en demi-cercle des adorateurs, homogène, compacte, et d’une dynamique remarquable.


Léonard de Vinci : Adoration des Mages


Léonard de Vinci : Adoration des Mages

   * Le groupe empreint d’une douce émotion de la Vierge avec l’Enfant, inscrit dans un triangle dont les 3 mages forment la base.

   * Le 2ème plan formés de ruines et de rochers, agité par une mêlée fantastique de chevaux montés par des hommes nus.


Léonard de Vinci : Adoration des Mages

 
Période milanaise

-   A partir de son installation à Milan en 1483, Léonard de Vinci oriente définitivement ses recherches picturales vers la façon de rendre le plus possible les réalités psychologiques et physiologiques de ses personnages peints.
-   Désormais, la rupture avec la 1ère Renaissance « géométrique » est consommée.
-   Ainsi « la Dame à l’hermine » (aux traits androgynes qui seront souvent repris par les artistes suivants), par une vibrante diffusion de la lumière, fait paraître l’ensemble ciselée comme un marbre précieux imprégné de subtilité intérieure, et qui atteindra le sublime avec « la Joconde ».


Léonard de Vinci :
La Dame à l'hermine


Léonard de Vinci :
La Vierge aux Rochers

-   Avec « la Vierge aux Rochers » (1486), les 4 règles picturales de Léonard de Vinci sont définies :
   * Un impalpable équilibre lumineux entre le paysage de l’arrière plan, et les personnages du 1er plan.
   * Une structure pyramidale.
   * Un profond symbolisme mystérieux.
   * L’emploi systématique du « sfumato » qui tisse sur les contours, un voile léger et immatériel.  


Léonard de Vinci : La Cène

-   « La scène » (fresque très détériorée, commencée en 1495) influencera les artistes italiens du XVIème siècle.
-   Dans une perspective parfaite, elle est une expression exacerbée des volumes (4 groupes de 3 apôtre ; christ central inscrit dans un espace pyramidal ; 3 fenêtres en fond ; etc.) dans laquelle la lumière et les couleurs, amples et enveloppants, transcendent le rendu « naturel empreint d’humanité » des personnages.


Léonard de Vinci : La Cène


Léonard de Vinci : La Cène

-   L’enchaînement d’alternances rythmiques des gestes, des positions tend à rendre l’expression des passions humaines.
-   Notons enfin, que la triple ouverture du fond apporte une illusion d’infinie profondeur et un audacieux contre-jour qui intègre la scène (grandeur nature) dans l’espace réel de la pièce.

 
La Joconde

-   Avec « la Joconde » (1503), Léonard de Vinci atteint l’extrême raffinement de la technique du sfumato :
   * Gradation impalpable des vibrations lumineuses.
   * Atmosphère brumeuse.
   * Voile insaisissable qui s’interpose entre l’observateur et l’œuvre.


Léonard de Vinci : La Joconde


Léonard de Vinci : La Joconde

-   C’est cet aboutissement technique et délicat qui donne à l’œuvre son mystère et son caractère inaccessible.

-   Enfin, notons que le sourire ambigu de la Joconde (intermédiaire entre une apathie inexpressive et une émotion retenue) est une façon subtile pour Léonard de créer une suspension des sentiments dont on ne sait quand ils vont s’exprimer.
-   Ainsi le spectateur reste en attente devant l’œuvre…


Léonard de Vinci :
La Joconde

 
Influence de Léonard de Vinci

-   Dès le début du 16ème siècle, Léonard de Vinci a une influence diffuse sur bon nombre d’artistes impressionnés par son rendu des formes, de la lumière, et des sentiments que permet le « sfumato ». Néanmoins, notons que ces peintres n’atteignent pas sa maîtrise technique.

-   Ainsi, on retrouve dans le  « Saint Sébastien » de Sodoma :
   * La poésie du paysage propre à Léonard de Vinci.
   * La pureté de la couleur que semble filtrer une lumière ténue. 

-  Mais globalement, ce corps nu d’aspect androgyne, teinté de sensualité martyrisée, paraît figé.


Sodoma : Saint Sébastien

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Proposé par Frédéric BARRON

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