Histoire de l'art : 1ère Renaissance

Italie : peinture du milieu du XVème

 

Piero della Francesca

-   Piero della Francesca, grâce à son séjour à Florence, est l’un des premiers artistes à propager en Italie (hors de Toscane) les inventions florentines qui sont :
   * La perspective scientifique (qu’il applique avec une rigueur absolue).
   * L’introduction du paysage.
-   « La flagellation du Christ » (à Urbino) est un remarquable exercice de son désir d’appliquer sans émotion la perspective scientifique.


Della Francesca : Flagellation


Della France
sca : Diptyque d'Urbino

-   Les paysages du diptyque des Ducs d’Urbino, en mêlant réalisme et vision féerique, montrent bien combien della Francesca semble vouloir stopper le temps et le mouvement dans ses œuvres.


Della Francesca : La Bataille...

-   Ses fresques (endommagées) de l’église Saint-François à Arezzo (à partir de 1452) sont sa « Grande Œuvre ». Ici tout se fige. Seuls l’espace et une lumière diaphane (sans ombre projetée) règnent.
-   Sur la fresque « La Bataille d’Héraclius et de Chosroès », l’azur transparent du ciel donne du relief aux grandes bannières brandies dans un mouvement qui semble figé.
-   On est loin de la violence chaotique d’Uccello.


Della Francesca : La Bataille...


Della Francesca : La Bataille...

-   La bataille se déroule de façon surprenante, dans une atmosphère empreinte de sérénité, d’ordre et de lenteur qui contraste avec le dynamisme qu’on peut attendre d’un combat. Les personnages semblent indifférents.
-   Della Francesca se complait à un dépouillement émotionnel qui néanmoins parvient à communiquer les état d’âme.

-   Dans le « Rêve de Constantin », l’atmosphère est sereine et suspendue, baignée d’une lumière nocturne étrangement surnaturelle.


Della Francesca : Rêve de Constantin

 
Mantegna

-   Le sens de l’espace fait de précision géométrique, ainsi que la conception dramatique faite de sérénité de della Francesca, inspira Mantegna.
-   Néanmoins en se risquant dans d’audacieux effets de raccourci (personnages vus de bas en haut) il contribue à l’évolution de la notion « d’espace » des artistes de la Renaissance.
-   Ainsi, le « Jardin des Oliviers » (qu’il peint à Vérone) se caractérise par son goût pour une certaine solennité, et par un traitement en raccourci des personnages du premier plan.


Mantegna : Jardin des Oliviers


Mantegna : Saint Sébastien

-   Ses peintures sont de style sculptural (évocation de la statuaire et de l’architecture de l’Antiquité romaine) aux ornements plus ou moins classiques. Pour accuser l’effet dramatique, les personnages ne paraissent guère vivants et réalistes.
-   Son Saint Sébastien (1470 - Vérone), représenté dans sa fameuse perspective de bas en haut, est un résumé éloquent des références à la Rome Antique qu’il affectionne : nu ; colonne ; chapiteau classique.

-   Le Christ mort est d’un raccourci audacieux qui défie le réel. De plus, la gamme chromatique (nuances de rose, de gris, de vert, de bleu) contribue à renforcer l’effet excessif.


Mantegna : Christ mort


Mantegna : Circoncision

-   Son goût pour la sculpture l’amène à user du trompe-l’œil (peinture donnant l’illusion d’un décor architectural).
-   Sur le haut de ce panneau, la colonne et les sculptures (à l’Antique) ne sont que peinture.

-   Enfin, notons qu’au Palais ducal de Mantoue, ses fresques (1474), en instaurant des relations appuyées entre les personnages (1er plan) et le décor (arrière-plan), inaugurent la peinture scénographique dont s’inspireront le Corrège et plus tard les peintres baroques.
-   Tout comme chez della Francesca, les teintes douces et pales, les gestes lents et plein de retenue, l’atmosphère évanescente, confèrent à l’ensemble une extraordinaire dignité.


Mantegna : Rencontre

 
Le Pérugin

-   De Rome à Pérouse, le Pérugin montre à la fin du XVème siècle qu’il a parfaitement assimilé l’enseignement des peintres florentins qui l’ont précédé, et principalement :
   * Les perspectives architecturales.
   * Les grands plans de paysage qui vont s’éloignant jusqu’à l’infini.
-   Ainsi, sur ce « Saint Sébastien », l’architecture traitée en perspective se détache harmonieusement devant un paysage réaliste d’Ombrie.
-   Néanmoins, l’attitude rigide du personnage (à comparer avec le « Saint Sébastien » de Mantegna) traduit une certaine pétrification du style, et annonce la fin de la 1ère Renaissance.


Le Pérugin : Saint Sébastien


Le Pérugin : Pietà

-  Dans sa « pietà » (1495) à la ligne dure et aux couleurs violentes et froides, les personnages ne semblent ressentir aucune douleur.
-   Son style se fige dans des représentations stéréotypées aux attitudes conventionnelles telle celle du corps du Christ (à la rigidité cadavérique) qui ne laisse aucune place à l’émotion.

-   Le style figé de ce portrait sera, pour ce fait, un des modèles fétiches des préraphaélites anglais au 19ème siècle.


Le Pérugin : Portait

 
Pinturicchio

-   Pinturicchio, disciple du Pérugin, annonce par son élégance le renouveau de la 2ème Renaissance.


Pinturicchio : Vatican


Pinturicchio : Vatican

-   Dans ses fresques au Vatican (1494), la préciosité dans les détails et la profusion de couleurs (proche de l’art de la miniature) sont les caractéristiques de son art.
-   Mais c’est Botticelli qui insufflera un vent nouveau à la peinture Renaissante.

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Proposé par Frédéric BARRON

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