Histoire de l'art : 2ème Renaissance

Italie : architecture du XVIème

 

Eglises : Milan - Bramante

-   Au début du 16ème siècle, Bramante insuffle à Rome (qui deviendra désormais le centre de l’innovation architecturale) l’esprit de la Renaissance florentine.
-   Mais sa formation se fait à Milan. Après avoir vibré  devant les ruines de l’Antiquité, de leurs ordonnances, et de leurs procédés de construction, il y construit le temple de Saint-Pierre in Montorio (1503) qui entame ce renouveau de l’architecture Renaissant.
-   Ce bâtiment circulaire entouré d’un portique à colonnes, et surmonté d’une coupole, offre un classicisme net qui annonce Saint-Pierre de Rome.


Bra
mante :
Saint-Pierre in Montorio

   
Bramante : Santa Maria delle Grazie

-   En achevant l’église Santa Maria delle Grazie (1492) par une audacieuse coupole appuyée un haut tambour, Bramante annonce son grand œuvre : Saint Pierre de Rome.

 
Eglises : Saint-Pierre de Rome

-   Avec l’église Saint-pierre de Rome (début en 1506), édifice centré sur une gigantesque coupole entourée de 3 petites coupoles périphériques, Bramante donne toute sa démesure. Notons qu’elle rappelle les édifices byzantins (basilique Saint-Marc de Venise, etc.).


Bramante : Saint-Pierre de Rome


Bramante : Saint-Pierre de Rome

-   Même si les successeurs de Bramante modifient son plan, l’esprit reste.
-   Ainsi, Michel Ange reprenant la direction des travaux en 1551, couronne l’édifice  d’une coupole beaucoup plus haute que celle de Bramante, mais respecte l’idée originelle.
-   Remarquons la lanterne compliquée ajoutée par della Porta, qui deviendra à l’époque baroque la quintessence de l’élégance.

-   Désormais, le plan en forme de croix de Saint-Pierre, avec sa coupole appuyée sur un tambour cylindrique, devient un modèle non seulement en Italie, mais aussi dans toute l’Europe.
-   Ainsi, l’église Santa Maria della Consolazione donne une idée de ce qu’aurait été Saint-Pierre de Rome sans les changements de plan successifs :
   * Plan centré.
   * Coupole centrale avec un haut tambour.
   * Petites coupoles périphériques.


Todi : Santa Maria della Consolazione

 
Eglises en croix latine : Rome - Vignole et della Porta

-   De son côté (s’installant dans le mouvement de la Contre-réforme dirigé par les Jésuites) Vignole tente de magnifier les églises en croix latine.


Vignole : Gésù


Vignole : Gésù

-   Pour se faire, le plan de son église du « Gésù » ne comporte plus qu’une unique et large nef sans colonnes gênantes, parfaite pour les prédications envolées. De chaque côté, les chapelles latérales (qui consolident la voûte en plein cintre) annoncent la disposition à venir des églises baroques.
-   Dans cette idée scénographique, la coupole à la croisée du transept est destinée à généreusement éclairer le cœur de l’édifice.

-   La façade réalisée par della Porta (1573) présente la même disposition du siècle précédent :
   * Une partie basse avec une rangée de pilastres.
   * Une partie supérieure terminée par un fronton.
-   Mais comme la partie supérieure ne correspond qu’à la nef centrale, des volutes sinueuses servent à lier avec élégance les parties basses et hautes (prémices de l’architecture baroque des jésuites, du siècle suivant).


Della Porta : Gésù

 
Rome : palais de ville

-   En général, les palais à Rome présentent un aspect extérieur sobre et géométrique.
-   Ainsi la cour Saint-Damase de Bramante et de Raphaël (Vatican) est entourée de 4 étages à portiques, dont la simplicité classique rappelle les édifices romains.


Vatican : cour Saint-Damase


Vatican : cour Saint-Damase

-   Par contre, les espaces intérieurs cachés au public, proposent souvent une exubérance décorative.
-   La somptueuse décoration du couloir donnant sur les Chambres de Raphaël (ouvrant sur la cour Saint-Damase), regorge de tableaux et de « grotesques » qui animent une architecture pseudo-antique.

-   Dans cet esprit antiquisant, la cour du palais Farnèse (Rome – 1546) d’Antonio da Sangallo, reprend la superposition des 3 ordres romains antiques : dorique ; ionique ; corinthien.


Rome : palais Farnèse

 
Latium et Italie : villas de plaisance

-   Dans cette effervescence de luxe financier, les papes, les riches cardinaux et les grandes familles de l’aristocratie romaine se font construire autour de Rome de luxueuses villas de plaisance.
-   Mais afin de ne pas attirer la convoitise, les lignes extérieures sont d’une grande simplicité. Ainsi, la « Farnesina » n’offre qu’une façade géométrique dépouillée, à peine animée en hauteur par une frise de guirlandes.


Farnesina : Façade


Farnesina : Salon des Perspectives

-   Par contre, les intérieurs (dissimulés aux regards extérieurs) sont fastueux.
-   Le salon des Perspectives est riche de nombreux trompe-l’œil qui suggèrent des fenêtres ouvertes sur un  paysage, de grandes loggias à colonnes purement fictifs, etc.

-   Quant à elle (ce qui prouve l’éclectisme créatif), la façade circulaire de la villa Madama (1516) s’inspire dans sa forme et ses stucs d’une grande finesse, des thermes romains antiques.


Villa Madama : Façade


Villa Madama : Intérieur

-   L’intérieur de la villa Madama s’inspire également de l’architecture des thermes antiques.
-   La surcharge décorative faite de stucs et de décoration peinte reçut le nom de « grotesque », terme destiné à caractériser désormais ce genre de décoration surchargée.

-   Notons enfin que le Latium étant encore alimenté en eau par les aqueducs antiques, les architectes du XVIème siècle en profitent pour agrémenter les maisons de campagne, d’étangs, de ruisseaux, de bains et de cascades. Le tout dans une démesure naturaliste.


Villa d'Este


Villa d'Este

-   La villa du cardinal d’Este (Tivoli1548) regorge ainsi de fontaines et de cascades magnifiées par de petites constructions rustiques décoratives donnant l’illusion de ruines romaines antiques.
 
Venise et Vénitie - Palladio

-   A Venise, Jacopo Sansovino (après 1527) y transpose la Renaissance Romaine.
-   Son style fait de riches ornements, de colonnes jumelées, et de balustrades ornées de statues, s’imposera durant les décennies à venir.


Venise : Bibliothèque San Marco


Venise :
Bibliothèque San Marco

-   Sa « Bibliothèque San Marco » avec ses arcs très décorés, sa haute frise chargée de guirlandes, et sa balustrade faîtière couronnée de sculptures grandioses, crée par ses pleins et ses vides, un jeu violent d’ombre et de lumière.

-   Dans la région Vénitienne, autour de Vicence, Palladio inaugure le goût pour les « villas de campagne ». Ce sont de grandioses constructions fortement inspirés de beauté hellénique et romaine antique, qui se caractérisent par une symétrie rigoureuse et des volumes équilibrés.
-   Dans toute sa rigueur esthétique, la villa Valmarana en est un bel exemple.


Palladio : villa Valmarana


Palladio : villa Rotonda

-   Cette rigueur symétrique se retrouve dans sa villa Rotonda (1566), bâtiment carré articulé autour d’une coupole centrale, et dont les 4 façades toutes semblables sont précédées d’un péristyle ionique classicisant.

-   Palladio en outre, est le 1er architecte du XVIème siècle à intégrer son architecture « de campagne » au paysage.
-   L’escalier monumental, est un des éléments de liaison le plus visible entre architecture et jardin.


Palladio : villa Rotonda

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Proposé par Frédéric BARRON

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