Histoire de l'art : 2ème Renaissance

France

 

Architecture : châteaux de la 1ère Renaissance

-   A l’orée du XVIème siècle, au cours de leurs aventures conquérantes en Italie, les rois de France ramènent des artistes Renaissant qui introduisirent le nouvel art italien.
-   Le château d’Amboise (architecte : Giocondo de Vérone), tout en relevant encore du gothique français, insuffle l’esprit Renaissant italien, surtout à travers un ordonnancement systématique de la façade, et par quelques sculptures décoratives.


Amboise


Blois : Aile Louis XII

-   De même au château de Blois, l’aile Louis XII (1497) est d’un  style hybride, mêlant les toits aux vastes combles et aux lucarnes découpées du gothique français, à des balustrades renaissantes italiennes.

-   Toujours à Blois, l’aile François 1er édifiée par Giocondo (1501) s’approprie avec plus de force la Renaissance italienne :
   *  A la place des fenêtres gothiques, de hautes fenêtres rectangulaires séparées par des pilastres.
   * Un édifice désormais couronné par un très haut chemin de ronde qui cache en partie le toit « à la française » toujours hérissé de lucarnes et de cheminées traditionnelles.
   * Une décoration qui rappelle un peu les ordres antiques par son ordonnancement, et la Renaissance italienne par sa profusion ornementale.


Blois : Aile François 1er


Blois : Aile François 1er

-   Notons que l’escalier à vis en façade (très français), rompt par ses rampes obliques la façade classique. Mais ses motifs décoratifs mêlant Renaissance et Gothisme assurent la liaison des styles.


Chambord

-   Le château de Chambord, est caractéristique de cette 1ère Renaissance française qui mêle réminiscence gothique (tours d’angles ; chemin de ronde ; toit à forte pente…) et Renaissance italienne (ordonnancement géométrique de la façade ; lucarnes élégantes ; ornements faits de pilastres classiques…).
-   Centré autour de l’escalier monumental à double rampe qui se termine sur le toit par une fantasque lanterne qui s’élève entre une multitude de clochetons, de lucarnes et de cheminées, Chambord deviendra aux siècles suivants l’image du « château féerique ».


Chambord


Azay-le-Rideau

-   Le château d’Azay-le-Rideau (1524) de plan est en forme de « L », est avec ses tours d’angles caractéristique de la 1ère Renaissance française.
-   On y trouve ce mélange de style gothique (chemin de ronde ; toit à forte pente) et de style renaissance italienne (lucarnes élégantes ; ornements raffinés).

-   Le château de Chenonceceaux permet d’apprécier l’évolution de l’architecture au cours de cette époque.
-   Si la partie carrée, hérissée de flèches et de cheminées (1520), reste hybride d’une architecture mi gothique mi renaissante…


Chenonceceaux


Chenonceceaux

-   …L’aile enjambant la rivière (1540, par Philibert Delorme) épouse de façon plus volontaire le rythme classique italien.

 
Architecture : hôtels et églises

-   Très vite dans les villes, les hôtels particuliers reprennent à leur compte le nouveau style créé pour les châteaux.
-   La maison d’Agnès Sorel à Orléans en est un des 1ers exemples, avec sa façade ordonnée, ses reliefs de style classique, etc.


Orléans : Maison d'Agnès Sorel


Paris : Saint-Eustache

-   Par contre, les rares églises bâties à cette époque restent d’un style gothique.
-   A Paris, Saint-Eustache en est un bel exemple, avec son plan à 5 nefs et son transept, ses voûtes et ses contreforts.
-   Le léger décor classique de-ci de-là, n’est qu’un placage décoratif.

 
Architecture : palais de la 2ème Renaissance

-   Avec la « cour carrée » du Louvre (à partir de 1546), Pierre Lescot ancre définitivement l’esprit Renaissance dans l’architecture française.
 


Le Louvre : cour carrée


Le Louvre : cour carrée

-   L’exubérance de Chambord a disparu au profit de façades soigneusement organisées, où se succèdent fenêtres, pilastres, et reliefs de Jean Goujon qui ne laissent rien au hasard.

-   Le « palais du Luxembourg » à Paris, très inspiré du palais Pitti de Florence (Italie), présente néanmoins (comme au Louvre) un aspect français caractéristique : pavillon central ; ailes simples ; pavillons d’angle couverts de toits à forte pente.


Palais du Luxembourg


Jardin du Luxembourg

-   C’est à cette époque que Philibert Delorme fixe les traits du « Jardin à la française » :
   * Nature architectonique et géométrique.
   * Parterres entourés de buis taillés.
   * Allées plantées d’arbres.
   * Terrasses successives.
   * Pavillons épars.
   * Grottes artificielles.
   * Fontaines ornées de sculptures.

 
Sculpture : Jean Goujon

-   Tout comme en architecture, la sculpture s’applique à imiter les modèles italiens Renaissant tirés de l’Antiquité grecque.
-   Ainsi,
« la Tribune des cariatides » (destinée aux musiciens de la salle de bal du Louvre) de Jean Goujon s’inspire franchement de l’Erechthéion de l’Athènes antique.


Jean Goujon : Louvre


Jean Goujon : Fontaine des Innocents

-   De même, les Naïades de « la Fontaine des Innocents » (Goujon – Paris – 1549), font revivre (mais avec moins d’intensité expressive) l’élégance d’une Grèce oubliée : souplesse de la ligne ; grâce robuste et nerveuse des attitudes.

-   Tout comme ses autres sculpture, la « Diane chasseresse » de Jean Goujon influencera la sculpture française des siècles à venir.


Jean Goujon : Diane chasseresse

 
Peinture

-   La peinture française au 16ème siècle se partage en 2 courants :
   * Un groupe toujours influencé par le style flamand (comme au XVème siècle).
   * Un groupe influencé par le style maniériste de la Renaissance italienne.
-   Du 1er groupe sous influence flamande, remarquons Jean Clouet qui peint
(dans la ligne de Jean Fouquet – XVème siècle) de nombreux portraits exprimant la tranquille sérénité de ses modèles. 


Jean Clouet : François 1er


Ecole de Fontainebleau

-   En parallèle, le style maniériste italien arrive à la cour, l’influence, et crée ce qu’on appelle « l’Ecole de Fontainebleau » caractérisée par :
   * Des figures féminines étirées aux gestes maniérés.
   * Une sensualité subtile de nus qui frise un érotisme froid.

-   Ainsi, la « Dame à sa Toilette » est d’une préciosité et d’une sensualité exacerbées. A côté de l’influence maniériste italienne (la Dame) on trouve encore une certaine réminiscence flamande (l’employée en arrière-plan).

-   « Gabrielle d’Estrées au bain » par Jean Cousin est d’un froid érotisme qui exagère à l’excès la grâce sophistiquée du Parmesan (Italie).


Ecole de Fontainebleau

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Proposé par Frédéric BARRON

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