Histoire de l'art : 1ère Renaissance

Florence : peinture du début du XVème

 

Masaccio

 


Masaccio : Chapelle Brancacci

-   Pendant tout le Quattrocento (XVème siècle) la peinture, tout comme la sculpture a pour Centre Florence.

-   Contemporain de Brunelleschi (architecte) et de Donatello (sculpteur), Masaccio met en pratique dans ses fresques, à la fois la perspective mathématique de Brunelleschi et le modelé des marbres antiques qu’il est le 1er à rendre par un léger jeu d’ombre et de lumière.

-   Malgré leur détérioration, on remarque sur cette fresque de la Chapelle Brancacci (1428) qu’il se détache radicalement de l’ancienne tradition gothique pour exprimer avec plus de réalisme (suivant le chemin tracé par Giotto au XIVème siècle) la nature et les expressions des personnages.

-   Plus de contours affirmés qui rigidifient l’aspect, mais des formes rendues par la simple présence de la lumière naturelle. Même les couleurs délicates sont là pour modeler délicatement les formes et accentuer les contrastes.


Masaccio : Chapelle Brancacci


Masaccio : Chapelle Brancacci

-   Dans ses fresques, Masaccio laisse entrevoir dans le traitement des grands manteaux dont les plis souples tombent majestueusement sans rigidité à la manière des toges romaines, les recherches auxquelles il se livra sur le clair obscur et les des demi-teintes.
-   Enfin, notons que pour rendre la profondeur de champ, les lointains du paysage, il confère aux teintes du 1er plan des couleurs plus chaudes et affirmées (ocre, rouge, orangé), laissant le fond dans des couleurs plus fondues et pâles (gris, bleus).

-   Cette technique sera largement reprise par les grands peintres à venir tel Leonard de Vinci.


Masaccio : Chapelle Brancacci

 
Fran Angelico

 
-   Les peintures (toujours religieuses) de Fra Angelico expriment le passage du « gothique» à la « Renaissance ». En effet on y trouve :
   * Une esthétique médiévale inspirée des miniatures de livres (personnages dessinés avec minutie ; gamme multicolore lumineuse).
   * Un traitement de la lumière et de la distribution des personnages semblable aux œuvres de Giotto.
   * Un naturalisme dans la représentation des figures et dans l’agencement de l’espace, ce qui trahit l’influence de Masaccio.
   * Un intérêt pour les architectures antiques et les paysages (traitées avec la perspective de Brunelleschi).

-   Ces 2 retables sur bois en sont 2 exemples.


Fra Angelico : Annonciation


Fra Angelico : Saint Dominique

- Avec les fresques juste peintes sur le blanc du mur des cellules monacales du couvent « San Marco » à Florence (1437), Fra Angelico insuffle une profonde humilité, sans ornement, rarement atteinte à ce jour.

-   Ici s’estompe la tendance gothique des 1ères œuvres sur bois au profit de couleurs plus intimes et d’une composition d’une grande simplicité.

-   A comparer avec son « Annonciation » peinte sur bois, les formes de cette fresque sont ramenées à l’essentiel et les couleurs à une austérité édifiante.


Fra Angelico : Annonciation

 
Andrea del Castagno

 


Del Castagno : La Cène


Del Castagno : La Cène

-   Andrea del Castagno poursuit l’entreprise de Masaccio destinée à rendre géométriquement l’espace, mais en lui appliquant dans des scènes « à l’Antique », une rigueur assez froide, toute mathématique.

-   Ainsi, la fresque de « La Cène » du couvent Santa Apollonia est basée :
   * Sur un dessin d’une grande rigueur.
   * Sur une symétrie parfaite des personnages (juste rompue par la figure centrale).
   * Sur des coloris peu variés et similaires sur tout l’ensemble (personnages et architecture).

-   Dans le décor, l’abondance des marbres polychromes témoigne du goût de l’époque pour l’Antiquité romaine.

-   Notons que c’est lui qui invente ce qu’on appelle « la perspective mobile ». Si de près l’ensemble semble sans profondeur et plat, de loin un effet de perspective apparaît et de plus se déforme en fonction de la place du spectateur.


Del Castagno : La Cène


Del Castagno : Condottiere / Sybille

-   Enfin, ses portraits monumentaux, par un effet de trompe-l’œil, se rapprochent de la statuaire.

-   Le personnage unique est placé sur un fond sombre (comme une statue dans une niche) et semble sortir du cadre grâce au contraste des couleurs et à un parti pris de composition consistant à positionner un pied hors du décor.

 
Paolo Uccello

 


Uccello : Bataille de San Romano


Uccello : Bataille de San Romano

-   Les œuvres de Paolo Uccello trahissent sont obsession concernant les problèmes de perspective et de composition.

-   Non seulement il essaye d’appliquer les règles de la perspective scientifique de Brunelleschi (tout en cachant la ligne d’horizon par une masse compacte), mais de plus, afin d’accentuer la sensation de profondeur, il traite les chevaux en des raccourcis qui semblent les faire bouger dans la toile (il est le 1er artiste à le faire).

-   Ceci est manifeste sur ses 4 panneaux qui représentent « La Bataille de San Romano » (1456).

-    Ces compositions sont pleines de mouvement, construites selon un jeu complexe et enchevêtré de lignes verticales (les lances dressées), de traits horizontaux, et de diagonales (les lances des chevaliers en action).


Uccello : Bataille de San Romano


Uccello : Saint Georges

-   Si le tableau « Saint Georges libérant la princesse » est de réminiscence gothique, la présence de la ligne d’horizon qui laisse voir un pan de ciel bleu montre que la recherche de la perspective taraude Uccello.
-   Tout comme dans les panneaux de « La Bataille de San Romano », le rendu du mouvement, exacerbé par les violents contrastes des couleurs froides et brillantes, et renforcé par le raccourci du cavalier et du dragon qui semblent vouloir sortir du tableau, crée un dynamisme nouveau.


Uccello : Saint Georges

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Proposé par Frédéric BARRON

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