Histoire de l'art : 1ère Renaissance

Florence (Italie) : architecture du XVème siècle

 

Cathédrale de Florence : monument de transition

 


Florence : Cathédrale


Florence : Cathédrale

-   Dans la 1ère moitié du 15ème siècle, Florence (désormais maîtresse politiquement de toute la Toscane) apparaît comme la capitale du renouveau artistique (malgré le retour des Papes en 1417, Rome reste dans une situation conflictuelle non propice à la création).

-   Ce renouveau artistique (qui entraîne écrivains, hommes politiques comme les Médicis, artistes) appelé « Renaissance », fait suite à la découverte au 14ème siècle de l’Antiquité grecque et romaine.

-   La cathédrale de Florence se présente comme le symbole de cette transition. Malgré son riche décor extérieur géométrique de marbre qui la différencie nettement des édifices du Nord de l’Europe, son plan reste soumis au principe gothique français (3 nefs ; façades proche…).


Florence : Cathédrale


Florence : Cathédrale

-   Son campanile (fin du 14ème siècle - la tradition en attribue le plan à Giotto) montre encore la forme ogivale gothique. Pourtant, cette tour carrée divisé en zones horizontales aux dimensions savamment calculées, lui confère une proportion élégante et rigoureuse toute classique, loin des traditions empiriques gothiques.
-   Avec la réalisation de la coupole monumentale de 40 mètres de diamètre, Filippo Brunelleschi (dès 1420) impose définitivement à l’Europe de nouvelles règles basées non seulement sur un retour à l’Antique, mais surtout sur son invention : la perspective géométrique (technique destinée à représenter un volume à 3 dimensions sur une surface plane à 2 dimensions).

-   Sa coupole n’a rien à voir avec celle du Panthéon (antique) de Rome, appuyée sur d’énormes murs. Ici les forces sont atténues par la conception d’une double coupole : une intérieure hémisphérique ; une extérieure qui en se surélevant selon un arc aigu sert de contrefort à la coupole intérieur.


Florence : Coupole

 
Architecture religieuse florentine

 

 -   Avec la réalisation du « Portique de l’hôpital des Innocents » (1419), Brunelleschi applique pour la 1ère fois les règles de la perspective qu’il a inventé.


Brunelleschi : Hôpital des Innocents


Brunelleschi : Hôpital des Innocents

-   A l’intérieur de ce portique, la succession d’espaces cubiques tout au long de l’axe visuel, est en fait destinée à donner au passant l’impression de profondeur de champ.

 -   Lorsqu’il conçoit l’église San Lorenzo (1423), Brunelleschi (suivant le goût nouveau du retour à l’Antique) prend le parti d’un plan qui rappelle celui des basiliques romaines primitives : symétrie axiale ; 3 nefs divisées par 2 longues files de colonnes ; lignes droites ; angles droits ; etc.


Brunelleschi : San Lorenzo


Brunelleschi : San Lorenzo

-   Par contre ici rien ne procède de l’empirisme. Les proportions respectent parfaitement les règles mathématiques de la perspective basée sur  l’existence d’un point de fuite.

 -   Les nefs latérales qui reproduisent une succession d’arcs et d’espaces cubiques, développent le même thème que celui de l’hôpital des Innocents.


Brunelleschi : San Lorenzo


Brunelleschi : Chapelle Pazzi

-   Avec la chapelle Pazzi (1444 - sa dernière réalisation), Brunelleschi parfait sa conception d’une architecture répondant à des règles mathématiques pures.

-   La façade extérieure est un portique voûté, composé de colonnes avec des chapiteaux corinthiens dont la fonction (ce qui n’est pas sans rappeler la succession des espaces du Panthéon à Rome) est de séparer l’espace illimité et ensoleillé extérieur, de l’univers géométrique et éclairé de façon diffuse interne.

 -   A l’intérieur, tout est rationalité. Les lignes sont d’une grande pureté, la lumière est douce afin de ne pas altérer par des ombres projetées, la vision de la conception architecturale.

-   Avec la chapelle Pazzi, on peut dire que la rupture avec l’architecture gothique encore régnante dans le reste de l’Europe est complète.


Brunelleschi : Chapelle Pazzi

 
Diffusion de l'architecture religieuse florentine

 

-   Avec Alberti, le nouveau style architectural Renaissant basé sur les règles mathématiques de la perspective se propage hors de Toscane.

-   Par contre (concernant le plan) contrairement à Brunelleschi qui désirait revenir aux formes antiques (basilique sur plan à 3 nefs), Alberti préfère puiser dans les constructions voûtées des grands thermes romains.

-   Il crée ainsi l’église à 1 seule nef couverte d’une voûte, assortie de chapelles latérales (destinées à supporter la voûte) et d’une coupole à la croisée du transept.   


Alberti : Saint André


Alberti : Saint André

-   Ainsi, l’église Saint André qu’il construit à Mantoue est d’un plan très simple à une seule nef avec une grande voûte et une coupole.

-   De ce fait, plus de colonnes intérieures mais des piliers gigantesques destinés à supporter l’unique large nef.

-   Ce « plan à nef unique » deviendra un modèle durant toute la période renaissance et baroque.

 
Palais florentin

 
-   C’est également Brunelleschi qui crée le premier type de palais florentins de la Renaissance caractérisé comme suit :

   * Un plan carré et une architecture de « masse cubique ».
   * Une partie basse en grandes pierres de taille à peine travaillées (avec des ouvertures rustiques).
   * Des étages supérieurs à parement plus fins (avec des fenêtres plus majestueuses).
   * Une corniche monumentale qui surmonte « ce cube de pierre ».


Palais Medicis-Riccardi


Palais Medicis-Riccardi

-   Le palais Medicis-Riccardi construit par Michelozzi en 1460 en est un bel exemple.
-   La disposition intérieure est presque toujours la même : un patio central rectangulaire où sont disposés avec une symétrie rigoureuse, portes et colonnades ; un escalier monumental qui mène aux étages.

-   Le patio en ces temps de redécouverte de l’Antiquité, servait généralement à exposer les marbres antiques dernièrement découverts.


Palais Medicis-Riccardi


Palais Rucellai

-   La façade du palais Rucellai (1446) conçu par Alberti, est constitué de 3 étages que rythment verticalement : les pilastres dorique du rez-de-chaussée ; ioniques du 1er étage ; et corinthiens du 2ème.

-   Là encore Alberti (tout comme pour les plans de ses églises) crée un modèle de superposition des ordres classiques qui sera imité pendant plus de 400 ans.

 
Expansion vers Rome

 

-   Avec le pape Nicolas V, humaniste affirmé, la Renaissance florentine gagne Rome vers la fin du XVème siècle.


Rome : La Chancellerie


Rome : La Chancellerie

-   La Chancellerie (1485) propose ainsi une façade dont l’ordonnance reprend la superposition des 3 ordres classiques. Elle s’en distingue néanmoins par l’absence totale de pilastres engagés au rez-de-chaussée.

-   Le Palais de Venise (à Rome), malgré son extérieur encore médiéval, possède une cour à la sobriété classique qui s’inspire, plus encore que de l’architecture florentine, des édifices antiques romains.


Rome : Le Palais de Venise


Rome : Le Palais de Venise

-   Sa cour intérieure est en effet inspirée des arcs superposés du « théâtre Marcellus », un des édifices les plus anciens de la Rome antique.

-   Ses lignes très pures annoncent la Renaissance romaine du XVIème siècle.

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Proposé par Frédéric BARRON

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