Histoire de l'art : 2ème Renaissance

Europe centrale

 

Architecture

-   Les pays d’Europe Centrale, marqués par une mosaïque de petits royaumes ou de républiques plus ou moins indépendants, subissent la forte dualité qui oppose les défenseurs de « la Réforme protestante » aux partisans de « l’orthodoxie papale de Rome ».
-   De ce fait, les représentations artistiques évoluent de façon sporadique, tantôt fidèles au gothisme, tantôt ouvertes à la Renaissance italienne.


Allemagne : Heidelberg


Allemagne : Heidelberg

-   En architecture, des maison princières, seules nous sont parvenues du XVIème siècle les ailes  du château de Heidelberg (Allemagne). L’influence flamande est manifeste, autant en ce qui concerne les hauts pignons des façades, que les statues qui les décorent.

-   Quant aux maisons communales (Rathaus) des « villes Etats » (Schweinfurt ; Leipzig ; Brême), tout en gardant des réminiscences gothiques, elles puisent dans l’architecture italienne l’ajout de loggias et de portiques, comme ici à Brême (Allemagne).


Brême : Rathaus


Cracovie : Forteresse

-   A Cracovie (Pologne), sont édifiées dans la forteresse médiévale une chapelle et une cour d’honneur de type toscan. Les hautes et curieuses colonnes du dernier étage forment la partie la plus originale de l’édifice.

 
Sculpture & peinture

-   La sculpture reste fermée au nouvel art italien et demeure attachée aux thèmes médiévaux du gothique.


Bernt Notke : Saint Georges et le dragon


Mathias Grünewald : La Crucifixion

-   Globalement, la peinture reste également fidèle au style « gothique international ».
-   Ainsi, la Crucifixion de Mathias Grünewald (début du XVIème siècle) est d’un réalisme éprouvant qu’exacerbent de surprenants jeux de lumière et de couleur. Ici, tout est subordonné à l’expression extrême qui annonce les siècles à venir.

 
Albrecht Dürer

-   Albrecht Dürer, formé à Nuremberg au métier d’orfèvre puis de graveur, gardera le goût du travail délicat et minutieux.
-   Dans un premier temps, il est influencé par le gothique tardif. Mais grâce à de nombreux voyages à travers l’Europe, et particulièrement en Italie, il s’en libère et s’ouvre à l’esprit artistique de la Renaissance.
-   Ainsi, dans cet « Autoportrait à la fleur » (1493), il ne se contente pas de rendre son aspect physique, mais également sa personnalité intérieure, son caractère.


Dürer : Autoportrait à la fleur


Dürer : Adoration des Mages

-   Dans « L’Adoration des Mages » (1504), malgré la persistance des formes du gothique, l’influence italienne est patente :
   * Application des lois de la perspective italienne.
   * Disposition scénique des ruines qui rappelle l’Antiquité romaine.
   * Composition pyramidale unissant ruines et personnages.
   * Attachement à rendre les proportions des personnages.
   * Intensité lumineuse des couleurs.

-   Dürer peint de nombreux portraits.
-   Le désire du rendu psychologique du personnage (comme ici dans son 2ème autoportrait), anime sa peinture.


Dürer : Autoportrait aux gants


Dürer : Adam

-   Enfin, notons que Dürer est surtout celui qui perfectionne la technique de la gravure sur bois jusqu’alors réduite au simple trait.
-   En accentuant les effets d’ombre et de lumière à l’aide de surfaces finement striées, il donne du modelé à ses personnages et un profond réalisme à l’ensemble.

 
Lucas Cranach

-   L’œuvre de Lucas Cranach (1ère partie du XVIème siècle) est assez caractéristique d’une certaine réticence des artistes de l’Europe centrale par rapport à la peinture italienne de la Renaissance.
-   Dans sa 1ère période Vienne - Autriche), on le sent sensible à l’art italien par le rendu du paysage. Mais déjà il s’en détache par :
   * Un refus de traiter la nature comme une simple réalité expérimentale et géométrique.
   * Un désir de rendre sensible la grandeur d’un paysage par la couleur et la forme.
   * Une spiritualisation de la nature qui doit refléter les sentiments des personnages.
-   Le « Repos pendant le fuite en Egypte » dans lequel il règne une réelle harmonie entre la scène et le paysage (Remarquons le sapin qui effleure l’épaule de l’Homme) en est un bel exemple.


Cranach : Le Repos pendant la fuite en Egypte


Cranach : Vénus

-   Dans sa 2ème période Wittenberg – Allemagne), devenu peintre de cour il fige ses compositions dans un maniérisme désuet, teinté de gothique tardif, dans lesquelles les attitudes et les proportions des corps sont peu crédibles et s’éloignent ainsi du désir de rendre le réel.
-   Dès lors, une partie de son œuvre consiste en la représentation de nus d’un érotisme froid, destinés à plaire aux grands de la cour.
-   Dans « Vénus » à la silhouette svelte et délicate, on est frappé par la sensualité accentuée par la transparence du voile et le raffinement des bijoux.

-   Le paysage par contre reste nettement réaliste.

-   L’autre partie de son œuvre est plus religieuse mais suit globalement les mêmes principes picturaux comme on le remarque dans «  Sainte Magdeleine » :
   * Corps mal proportionné.
   * Somptueux vêtement.
   * Attitude affectée.
   * Paysage réaliste, voire lyrique.


Cranach : Sainte Magdeleine

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Proposé par Frédéric BARRON

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