Histoire de l'art : 2ème Renaissance

Espagne

 

Architecture : style plateresque

-   A la fin du XVème siècle, l’architecture espagnole subit une double influence :
   * Art gothique flamboyant en ce qui concerne les plans et les structures (provenant de Flandres, Allemagne et France).
   * Art Mudéjar pour la décoration des boiseries et des portes (fait d’arabesques et d’entrelacs propres aux artisans mauresques).


Tolède : Chapelle San Juan

   
Tolède : Chapelle San Juan

-  La chapelle de Tolède en est un bel exemple : nef et contreforts gotiques. Décoration mudéjar.

-   Mais au début du XVIème siècle, l’architecture italienne de Lombardie se diffuse en Espagne, et se transforme en un style très ornementé qui rappelle la technique des orfèvres : le style « plateresque ».


Tolède : Hôpital Santa Cruz


Tolède : Hôpital Santa Cruz

-   Ainsi, la structure de façade de l’hôpital de Santa Cruz de Tolède est celle d’une pièce d’orfèvrerie, surtout en ce qui concerne les 2 fenêtres hautes et le petit temple décoré qui couronnent l’ensemble.

-   D’une décoration très chargée, la façade de l’université de Salamanque, divisée en panneaux comme un retable, semble plus ciselée que sculptée.


Salamanque : Université


Alcala : université

-   Avec Rodrigo de Hontanon, le style plateresque (qui commence à être influencé par le style italien de la Renaissance) évolue vers une plus grande austérité.
-   On le remarque sur la façade de l’université d’Alcala (1553) dont l’ornementation exubérante et dynamique des fenêtres, alterne avec de larges espaces nus.

 
Architecture : influence italienne

-   Avec la construction du palais de Charles Quint à l’Alhambra de Grenade (par Pedro Machucadès 1520), l’esprit géométrique de la Renaissance italienne pénètre en Espagne en niant totalement le style plateresque national.
-   Ainsi, la cour circulaire propose à côté des constructions arabes, une froide architecture à 2 étages, avec superposition d’ordres toscans et ioniques.



Alhambra : cour de Machuca


L'Escurial

-   L’Escurial (Castille – 1584), conçu principalement par Juan de Herrera, se propose d’imiter les toutes dernières créations italienne.
-   L’ensemble suit une ordonnance géométrique et froide, dont les façades sans moulures ni corniches sont d’un dépouillement exacerbé par l’absence de toute sculpture.

-   Seuls le portique d’entrée et la façade de l’église sont animés d’un jeu de pilastres doriques.


L'Escurial

 
Sculpture

-   A coté de nombreux sculpteurs étrangers qui ne font que transposer en Espagne les innovations de leurs pays d’origine, Alonso Berruguete se distingue par son talent purement espagnol.
-   Ses sculptures polychromes sur bois y accusent souvent une fougue qui rappelle le maniérisme de Michel-Ange.


Berruguete :
Saint Christophe

   
Berruguete : Agonie d'Abraham

-   Ainsi, « l’Agonie d’Abraham » illustre bien l’accent dramatique de son inspiration.
-   La convulsion tragique des corps et la tension musculaire presque surhumaine, traduisent violemment l’angoisse intérieure.

 
La peinture : Le Greco

-   Quant à la peinture, avant la révolution picturale apportée par le « Greco » elle se libère des influences flamandes pour se tourner vers l’art italien (Raphaël ; Léonard de Vinci ; maniérisme).
-   De ce fait elle  reste sans grande originalité.


Luis de Morales : Vierge à l'Enfant
Influence maniériste du Parmesan


Le Greco : saint André et saint François

-   Le Greco (né en Crète), après un passage par Venise, s’installe en Espagne à Tolède.
-   Dans son adolescence crétoise, il apprend à peindre selon le style byzantin des icônes. Il en gardera :
   * La frontalité de la composition.
   * Des coups de pinceaux larges.
   * Une monumentalité des drapés.
   * Le mépris pour l’illusion spatiale découlant des règles de la perspective, pour les fondus gradués des coloris si chers à Léonard de Vinci.
   * Des fonds ne tendant pas à donner une impression de profondeur.
-   Ainsi son « saint André et saint François » (vers 1595) par son côté majestueux et irréel rappelle le rythme monumental des mosaïques byzantines.

-   A Venise, le Greco est au contact de Titien, de Véronèse, du Tintoret… ce qui marque une évolution dans son style.
-   Ainsi, même si dans « Saint Martin et le mendiant » (1597) les références byzantines sont évidentes (composition verticale ; arrière plan irréaliste ; frontalité de la composition…), les coloris clairs et lumineux rappellent l’école vénitienne.


Le Greco : Saint Martin et le mendiant


Le Greco : Le Martyre de saint Maurice

-   De Titien il retient :
   * Les variations de couleur qui suivent les effets lumineux.
   * Le volume et le dynamisme des corps.
   * L’éclatante beauté de certaines harmonies de couleur.
   * L’effet de brusques éclairs de lumière dans la nuit.
-   Le « Martyre de saint Maurice » (1580), composé suivant une division en 3 zones (1er plan de personnages ; 2ème plan d’une foule terrestre ; plan supérieur du Ciel : système qu’il affectionne), présente certaines de ces caractéristiques (variation de couleurs ; brusques effets de lumières…).
-   On note, comme toujours chez le Greco, les corps exagérément allongés.

-   Du Tintoret il retient le rythme du dessin.
-   Ainsi, dans le « Laocoon » (1610) les personnages présentent des traits qui se convulsent d’une façon qui se veut terrifiante.


Le Greco : Le Laocoon


Le Greco : La Très sainte Trinité

-   Du maniérisme italien il retient :
   * Les lignes sinueuses.
   * Les personnages aux corps largement étirés.
   * Les couleurs acidulées et irréelles.
-   Dans la « Très sainte Trinité » (1577), les figures présentent ainsi un allongement démesuré du style maniériste.

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Proposé par Frédéric BARRON

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