Histoire de l'art : 1ère Renaissance

Botticelli

 

Le Printemps


Botticelli : Le Printemps

-   Sandro Botticelli (élève du florentin Filippo Lippi),  est un de premiers peintres du quattrocento à n’être pas obsédé par l’application rigoureuse de la perspective.
-   En effet, toute sa démarche consiste à exprimer un idéal de beauté magnifiée par des lignes ondoyantes et tourmentées de la composition, ce qui donne une impression de rêve.

-   « Le Printemps » (1478), par la pureté de ses lignes et son chromatisme raffiné et riche de couleurs intermédiaires, en est un parfait exemple.


Botticelli : Le Printemps


Botticelli : Le Printemps

-   Vénus (la figure centrale) est l’authentique raison de cette scène empreinte de mythologie, autour de laquelle se déploie avec raffinement et mélancolie une scène à l’étrange suggestion érotique :
   * A sa gauche : Zéphyr le personnage gris poursuit Flore sans retenue.
   * A sa droite : les 3 Grâces, lascives, dansent nues sous leurs voiles transparents.

-   Nous sommes là presque à la limite de l’onirisme et du merveilleux. Le thème a beau être tiré d’un mythe, le sens du message reste mystérieux.
-   l’harmonie de cette œuvre la modulation des lignes, l’accord parfait des rythmes et des couleurs, la transparence de la lumière qui confère à cette œuvre un caractère d’évanescence, évoquent irrésistiblement une chorégraphie.


Botticelli : Le Printemps

 
Entre 1478 et 1486

-   Avec « Pallas Athénée domptant le Centaure », se fait jour dans les œuvres de Botticelli, un équilibre assuré, et représentation des corps inspirée des exemples classiques.
-   Il règne dans cette scène de puissants équilibres (basés sur de violents contrastes) entre :
   * La force et la grâce.
   * Les lignes verticales et horizontales.
   * Les fonds lointains et les roches et les personnages du 1er plan.
   * Les zones obscures et les claires.


Botticelli : Pallas Athénée


Botticelli : Pallas Athénée

-   Le visage de Pallas est empreint de cette impression d’évanescence si caractéristique de Botticelli.

-   On retrouve cette délicatesse caractéristique de Botticelli dans la « La Madone du Magnificat » (1485) qui, en outre, se distingue par son élégance, sa sensualité et son harmonie sereine.
-   Remarquons la construction concentrique de la composition :
   * Avec ses 7 figures qui s’adaptent à la forme circulaire.
   * Avec les formes courbes de la Madone qui, en accentuant cette ligne circulaire, réunit les différents personnages.


Botticelli : Madone du Magnificat


Botticelli : Vénus et Mars


Botticelli : Vénus et Mars

-   Dans « Vénus et Mars » (composition inspirée des personnages couchés des sarcophages romains), cette même impression « romantique » baigne l’œuvre.
-   Vénus porte un regard lointain et insaisissable qui contraste énigmatiquement avec l’attitude voluptueuse de Mars.

-   Si le nu onduleux du jeune Mars, plongé dans le sommeil après le plaisir, est d’une ligne souple, les vêtements drapés en plis harmonieux de Vénus, apportent une rigueur qui miroite en parfait contraste avec la nudité de Mars.


Botticelli : Vénus et Mars

 
La Naissance de Vénus


Botticelli : La Naissance de Vénus

-   Avec « La Naissance de Vénus » (1486), Botticelli, s’éloignant délibérément de toute représentation du réel, confère à l’œuvre une irréalité insaisissable.
-   En 1er lieu, la diagonale très nette des 2 zéphyrs ailés, la ligne verticale un peu instable de vénus en équilibre sur la conque, et la tension en sens opposé de l’Heure qui tend un riche manteau rouge, contribuent à créer un rythme ondoyant et mouvant, dont l’impression finale est étrangement statique.


Botticelli : La Naissance de Vénus


Botticelli : La Naissance de Vénus

-   En 2ème lieu, la stylisation linéaire de l’ensemble (la chevelure éparse de Vénus ; les différents drapés ; etc.) est d’une grâce tellement retenue et indicible, que le mouvement semble irréel.

-   Enfin, malgré sa nudité, Vénus est d’un tel raffinement que la sensualité attendue n’est point au rendez-vous et a fait place à une sorte de contemplation insaisissable.


Botticelli :
La Naissance de Vénus

 
De 1495 à 1510

-   Dans les années 1490, Florence succombe au doute et à la violence civile et religieuse. Botticelli subit de plein fouet cette atmosphère. Sa pensée humaniste et intemporelle s’efface et fait place à l’air du temps.
-   De ce fait, la « Mise au Tombeau » qui rappelle étrangement le flamand van des Weyden (un abandon de personnalité ?) par la ligne tendue, par la courbe extrêmement douloureuse du corps du Christ dramatiquement éclairé, et par le rythme nerveux de la composition confèrent une puissance surfaite bien loin du mystère de ses 1ères oeuvres.


Botticelli : Mise au tombeau


Botticelli : Pieta

-   Avec la « Pieta » (1495), la composition devient rigide, exacerbée par des masses affirmées.
-   La scène se déroule à la verticale et cherche à exprimer l’angoisse et la nervosité des personnages courbés par la douleur.
-   La tension dramatique en est soulignée par des contrastes de couleurs violentes (si loin des subtilités du « Printemps »).

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Proposé par Frédéric BARRON

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