Histoire de l'art : Paléochrétiens d'Orient

Syrie

 

Architecture

 
-   C’est dans l’Orient romain et particulièrement en Syrie, que furent élaborés dès le IVè siècle, les premières formes caractéristiques d‘un art spécifiquement chrétien.

-   En architecture, apparaissent simultanément les 2 types de plans d’église destinés à un grand avenir dans le monde chrétien.

-   le plan centré avec coupole centrale (favori des byzantins) de la cathédrale d’or d'Antioche (327 -341) aujourd’hui disparue.


Les 4 basiliques convergeant vers un octogone central


Monastère de Qal'at Simaan

-   la basilique à nefs parallèles (favorite des pays occidentaux) du monastère de Qal’at Simaan (vers 470) dont nous sont parvenues des ruines.
-   C’est également en Syrie que se fixèrent les principes décoratifs de l’art chrétien.

-   On remarque ainsi au monastère de Qal’at Simaan la récurrence d’une décoration riche d’avenir à Byzance et dans occident roman :
   - les arcs aveugles
   - les colonnes adossées
   - etc.


Monastère de Qal'at Simaan


Monastère de Qal'at Simaan

-   Sur ce fragment reconstitué de l’abside de la basilique principale de Qal’at Simaan, les arcatures et les colonnes adossées anticipent de 600 ans l’architecture romane européenne.
-   Enfin, notons que l’organisation de la basilique de Tourmanin (siècle, près de Qal’At Simaan) préfigure avec sa façade encadrée de clochers, le futur art carolingien.

-   On y remarque particulièrement : une grande nef précédée d’un portique ; une galerie à colonnes située au-dessus de ce portique ; deux tours rectangulaires de part et d’autre de cette galerie.


Basilique de Tourmanin (reconstitution)

 
Codex

 


Codex de la Genèse

-   L’art pictural chrétien (comme son architecture) est né en toute logique dans cet orient romain.

-   Si les peintures murales ont disparues, les codex (manuscrits décorés de peintures en miniature) nous sont parvenus.

-   Ce « codex de la Genèse » ( siècle), est par sa composition dans la pure continuité de la tradition romaine. Tout comme sur la Colonne Trajane, le « style continu » est employé, sans séparation pour différencier les scènes qui se succèdent.

-   Ainsi, on voit sur la même image, à la fois Rébecca sur un chemin, puis donnant à boire à Eliezer auprès d’une fontaine.

-   L’évangéliaire de Rossano (VIè siècle), est décoré de très riches enluminures aux vifs coloris (ici le procès dirigé par Pilate).

-   Déjà sont fixés les grands principes scéniques qui traverseront l’art byzantin puis carolingien : Evangélistes représentés assis en demi-cercle ; le Christ qui porte la barbe et est couronné d’une nimbe crucifère.


Evangéliaire de Rossano


Evangéliaire de Rossano

-   L’évocation de Saint Marc assis à l’intérieur d’un cadre architectonique (évangéliaire de Rossano), fixe également cette façon de mettre en scène les Evangélistes, façon qui sera reprise dans tout l’occident chrétien durant des siècles.
-   Cette Ascension de l’évangéliaire de Rabula (VIè siècle) qui représente le Christ debout dans une mandorle portée par des anges, fixe un des thèmes qui envahira la peinture et la sculpture romane tout au long des XIè et XIIè siècle.

-   On remarque ce goût persistant pour les couleurs vives et primaires, ainsi qu’un dessin très « bande dessinée » avec des contours marqués d’un trait noir.


Evangéliaire de Rabula

 
Ivoires

 
-   Tout comme les illustrations des codex, les sculptures des objets de luxe en ivoire caractérisent l’art paléochrétien de Syrie.

-   Cette chaire de l’évêque Maximien à Ravenne (réalisée au VIè siècle) provient probablement d’Antioche. Les 4 évangélistes et saint Jean-baptiste sculptés en façades, malgré les drapés inspirés de l’art grec, sont d’une facture assez statique, proche de l’art romain tardif.


Chaire de Maximien de Ravenne


Chaire de Maximien de Ravenne

-   Remarquons néanmoins la bordure supérieure, détachée de tout message religieux, d’une exubérance naturaliste toute hellénistique.
-   Sur cette plaquette d’ivoire qui représente « les 2 soldats endormis au pied du Saint-Sépulcre » (conservée à Milan), la perspective a perdu de son réalisme.

-   Par contre le rendu des volumes et des ombres témoigne encore de l’influence hellénistique.


Ivoire de Milan


Ivoire de Milan

-   Notons que ces ivoires syriens facilement transportables, se répandirent facilement en dehors de la Syrie, et imposèrent ainsi leur iconographie à tout l’occident.

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Proposé par Frédéric BARRON

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