Histoire de l'art : Art gothique

France : sculpture & peinture

 

Architecture clunisienne

 
-   A partir du milieu du XIIème siècle, la sculpture des grandes cathédrales prend un essor d’envergure et particulièrement sur les portails destinés à être vus du plus grand nombre.

-   Les premières œuvres (Ici sur le portail principal de la cathédrale de Chartres) présentent un aspect « archaïque », avec des tuniques au plis droits plaquées au corps, et une attitude rigide qui « colle » à l’architecture.


Chartres : Cathédrale


Chartres : Cathédrale

-   Mais bien vite la statuaire se libère du cadre architectural et s’exprime en toute liberté (Chartres, quelques années plus tard).
-   Quant au répertoire, théologiquement fixé, il ne varie guère.

-   Ainsi, le Christ debout sur le trumeau du portail de la cathédrale d’Amiens (1230) se retrouve régulièrement sur les édifices gothiques. Notons en outre qu’il n’est plus le Tout-puissant de l’époque romane, mais un prédicateur humble dont la représentation est souvent idéalisée.  

-   La vierge à l’enfant légèrement déhanchée et abondamment drapée permet d’insuffler à la statuaire une certaine coquetterie qui correspond à « l’esprit courtois » du moment. La Vierge dorée (1280) du trumeau du portail sud de la cathédrale d’Amiens inspirera largement l’iconographie jusqu’au XVIème siècle.

  
Amiens : Cathédrale


Reims : Cathédrale

-   Bien que les thèmes restent assez figés, le style lui présente un certain éclectisme, ce qui montre que l’artiste possède une liberté d’exécution.
-   Les mêmes thèmes religieux que ceux de la sculpture monumentale se retrouvent dans la statuaire en ivoire et en bois.

-   Ainsi, ce groupe de « la Vierge à l’Enfant » (fin du XIIème siècle). Il est caractérisé par un mouvement extrêmement naturel. On remarque que l’artiste a su utiliser les veines et les fentes de l’ivoire afin de créer un effet d’ensemble harmonieux.


Ivoire : Vierge à l'Enfant


Saint Louis

 -   En dehors des thèmes tirés de la vie de Jésus, de Marie et des Saints, la statuaire gothique ne s’exprime qu’à travers les statues des souverains et des dignitaires ecclésiastiques.

-    Cette représentation du Saint Louis (1390) est d’une attitude recueillie et paisible qui relève de l’idéalisation propre au gothique, et ne peut donc être considéré comme un portrait.

 
Peinture, miniature et vitrail

 

-   Si la fresque murale tend à disparaître au profit du vitrail, la peinture sur bois (presque entièrement disparue) explose.

-   La « Pietà d’Avignon » (un des rares vestiges, datant du début du XVème siècle) est d’une composition très sophistiquée. Ainsi, les dos voûtés de saint Jean et de Madeleine font pendant au corps arqué du Christ.

-   En outre, les teintes sourdes des personnages qui se détachent sur un fond flamboyant contribuent à exacerber le côté compassionnel de l’œuvre.


Pietà d'Avignon


Couronnement de la Vierge

-   Le « Couronnement de la Vierge » (1454) est quant à lui d’une composition plus conventionnelle : symétrie ; plans étagés ; gestes rigides ; couleurs vives et contrastées.
-   Après une éclipse à l’époque romane, l’enluminure de livres redevient importante à l’époque gothique et reprend ainsi une tradition carolingienne. Par contre, les psautiers et les livres d’heures de taille réduite (utilisation individuelle) remplacent les volumineuses bibles monastiques d’alors.

-   En ce renouveau, à l’époque de Saint Louis les miniatures encore religieuses sont décorées avec de l’or et des couleurs vives.


Bréviaire de de Monteramey


Très riches Heures du duc de Berry

-   Mais peu à peu, la société civile se développant, les champs d’or disparaissent au profit de couleurs naturelles bleues et de vertes d’inspiration italienne.

-   De plus les scènes profanes prennent le dessus sur les scènes religieuses. Ainsi, « Les Très riches Heures du duc de Berry » (frères de Limbourg - 1410) nous renseignent sur la vie d’une cour luxueuse.

-   Si les compositions élégantes sont maniérées, elles savent intégrer les éléments familiers de la vie quotidienne comme cette vie paysanne.

-   Enfin, remarquons que les parois des cathédrales (libérées des murs porteurs grâce aux arcs broutants) se couvrent de vitraux, art pictural majeur tout au long de l’époque gothique.

-   Les vitraux de la Sainte Chapelle (Paris) montrent combien chaque scène est représentée dans des couleurs éclatantes mises en valeur par les contours noirs des armatures en plomb qui soutiennent les panneaux de verre coloré.


Paris : Sainte Chapelle

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Proposé par Frédéric BARRON

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