Histoire de l'art : Art gothique

France : architecture

 

Principe architectural

 
-    Dans la foulée des innovations architecturale clunisiennes et cisterciennes, le style gothique (à partir du XIIème siècle) s’impose grâce à une révolution technique basée sur la « voûte brisée » associée à la « voûte sur croisée d’ogives ».


Croisée d'ogives


Notre-dame de Paris : Arcs-boutants

-   Cette innovation permet de répartir les poussées de la voûte sur 4 points précis, puis de les renvoyer à l’extérieur de l’édifice au moyen d’arcs-boutants.
-   Cette technique permet de construire en hauteur sans risque d’effondrement. Ainsi la nef centrale gagne en hauteur (souvent vertigineuse par rapport aux nefs latérales). Cette possibilité « verticale » est magnifiée par la verticalité ininterrompue des colonnes fuyant vers le sommet de l’édifice.


Reims : Cathétdrale


Paris : Sainte-Chapelle

 -   De plus, les parois des murs ne supportant plus le poids excessif des voûtes, elles peuvent s’alléger, se « déshabiller », et ainsi se couvrir de vitraux, source de lumière.

 
Cathédrales

 
-   Avec au XIIème siècle le développement des villes et des pèlerinages vers les sites comportant des reliques, les centres religieux quittent la sphère monacale (époque romane) pour l’univers urbain.


Chartres : Cathédrale


Chartres : Cathédrale

-   Dans cette nouvelle exigence d’accueil « du plus grand nombre », l’église (grâce à la technique de la voûte en ogive), explose en dimension autant horizontale que verticale.

-   La cathédrale de Chartres témoigne du passage du style roman au style gothique. Si sa partie inférieure révèle l’ancienne façade romane (1135 - avec ses arcs en plein cintre), l’ensemble reconstruit après un incendie, adopte la structure tripartite gothique à venir (3 porches ; 2 tours d’angle ; rosace centrale).

-   L’apparition des arcs-boutants extérieurs permet de donner plus d’ampleur et de lumière intérieure à l’édifice.


Chartres : Cathédrale


Paris : Notre-Dame

-   La façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris (1200-1240), tout comme à Chartres reflète une égale importance des lignes verticales et horizontales.

-   On remarque ainsi au dessus de la rosace, la balustrade ajourée (horizontale) qui masque le départ des 2 tours d’angle (verticale).

-   Avec la cathédrale de Reims, l’arc-boutant extérieur (élément technique qui permet de porter les charges au-delà des murs intérieurs) devient un élément décoratif. Il s’hérisse de pinacles qui accentuent la verticalité de l’édifice.

-   A l’intérieur, l’espace est désormais dominé par l’élancement vertical des lignes. Peu d’éléments viennent arrêter le regard dans son ascension vers les voûtes. Seule l’ornementation végétale stylisée des chapiteaux offre une décoration ponctuelle.

- Cette élévation intérieure libérée des tribunes romanes du 2ème niveau (destinées à assurer la stabilité de l’édifice), présente désormais 3 étages superposés dans une grande fluidité :
   1 : De grandes arcades qui permettent le passage d’une nef à l’autre.
   2 : Une galerie allégée de circulation (triforium).
   3 : De hautes fenêtres ajourées et lumineuses.


Reims : Cathédrale


Amiens : Cathédrale

-   La cathédrale d’Amiens (1220 - 1280) représente l’apogée de l’architecture gothique. Son plan à 3 nefs s’est allégé : ses chapelles rayonnantes de l’abside sont toutes en finesse, et sa fine tour lanterne à la croisée du transept magnifie la verticalité de l’édifice.

-   Sa façade reste dans la tradition de la cathédrale de Paris (2 tours ; rosace ; galeries ; lignes verticales et horizontales prononcées). On remarque que la surcharge de sculptures en façade est un trait de l’architecture religieuse gothique.

-   Par contre, comme à Reims, l’intérieur reste sobre, tout dévoué au rendu de la verticalité architecturale.

-   Au 15ème siècle (après la guerre de cent ans) la statuaire a tendance à disparaître des façades au profit d’une surcharge décorative abstraite (le gothique flamboyant).

-   La façade de la cathédrale de Tours (1426) est un bel exemple de ce gothique flamboyant.


Tours : Cathédrale


Albi : Cathédrale

-   Enfin, certaines régions restent insensibles au gothique. La cathédrale d’Albi (1282) avec ses épais contreforts surmontés de tourelles, et ses ouvertures étroites, présente ainsi un aspect de forteresse qui ne doit rien au gothique.

-   Ceci est en fait dû à la lutte violente contre les Albigeois. La nécessité de préserver l’édifice des violences extérieures a imposé une architecture massive, sans flèche élancée, sans arcs-boutants, sans pinacles.

 
Autres architectures religieuses

 
-   A Paris, la Sainte-Chapelle (1248) est particulièrement aérienne grâce aux nombreux vitraux colorés qui remplacent presque totalement les pans de murs.

-   La technique contrefort extérieur a permis de donner à l’espace intérieur cet aspect léger et aérien en rejetant vers l’extérieur du bâtiment toutes les forces verticales.


Paris : Sainte-Chapelle


Mont Saint-Michel

-   L’abbaye du Mont-Saint-Michel (1203-1445) exprime parfaitement ce désir d’élévation vers le ciel.
 
Palais et châteaux

 
-   Les palais gothiques ont encore au début de la période un aspect massif.

-   Ainsi la partie la plus ancienne du palais des papes à Avignon (1334-1342) offre un caractère de forteresse militaire.


Avignon : Palais des papes


Tarascon : Château

-   Le château de Tarascon (1400), avec ses tourelles d’angle, ses murs épais et ses rares ouvertures étroites, reste assez proche des forteresses.
-   Les palais et châteaux gothiques se caractérisent généralement par la présence d’escaliers dans des tours circulaires situées aux angles de la grande cour, et par des toits à forte pente (percés de lucarnes ouvragées).

-   Le château de Pierrefonds (malgré sa presque totale reconstruction par Viollet-le-Duc au XIXème siècle) permet d’avoir une vision d’une construction gothique du XVème siècle, harmonieuse et animée.


Pierrefonds : Château


Bourges : Palais Jacques Coeur

-   Au fil du temps, les constructions expriment une certaine fantaisie à travers un grand nombre de tours et de toits de hauteur différente, le tout couronné de pinacles sculptés.

-   La demeure du trésorier Jacques Cœur à Bourges (1443-1453) en est un bel exemple très bien conservé.

-   L’hôtel de Cluny à Paris (1498) constitue un bel exemple d’architecture civile de style gothique flamboyant (surcharge d’éléments verticaux : pinacles ; cheminées ; tourelles…).


Paris : Hôtel de Cluny

 
Ville

 
-   A l’époque gothique, les villes se développent en France. La plupart sont entourées de murailles avec créneaux carrés et tours d’angle.

-   Avignon est ainsi entourée d’une muraille datant du XIVème siècle. Sa partie supérieure est ornée d’un crénelage, et percée de meurtrières destinées à permettre la surveillance des abords de la cité.


Avignon : Muraille


Aigues mortes

-   Aigues mortes présente la particularité d’avoir été fondée de toute pièce en pays plat (1240). De ce fait elle est un bel exemple de localité à plan rectangulaire.
-   A l’intérieur des murailles, les rues sont étroites. Dans les rues passantes, le rez-de-chaussée est destiné aux boutiques des marchands, comme ici à Rouen.


Rouen


Bourges

-   les maisons sont généralement construites en pans de bois (maison à colombage), comme ici à Bourges.

bar38.gif (10187 octets)

Proposé par Frédéric BARRON

Si j'ai malencontreusement utilisé illégalement une photo, merci de me le signaler.
Je la supprimerai aussitôt de ce site.