Histoire de l'art : Art gothique

Espagne

 

Cathédrales

-    Dès le XIIème siècle, par l’intermédiaire de l’installation de monastères cisterciens, le gothique français se propage dans la péninsule ibérique. Mais il est réinterprété par rapport à la culture ibérique existante, ce qui le rend original.
-   Ainsi, la cathédrale de Léon (XIIIème siècle) est le 1er monument gothique espagnol. Avec son triple porche, sa rosace centrale et ses 2 tours d’angle, son influence française (Amiens ; Reims) est manifeste.


Léon : Cathédrale


Burgos : cathédrale

-   La cathédrale de Burgos avec ses 3 nefs, son déambulatoire et ses chapelles (du XIIIème au XVème siècle) est parfaitement gothique. Sa façade flanquée de 2 tours majestueuses rappelle les cathédrales gothiques françaises.
-   Par contre, remarquons sur le plan la présence de salles contiguës aux nefs et d’un cloître, ce qui caractérise l’excès systématique des églises ibériques.

-   Le Portugal connaît une évolution similaire. Si l’église du monastère Santa Maria da Bathalha (fin du XIVème siècle) avec sa façade tripartite est caractéristique du gothique français, ses lignes horizontales et verticales accentuées, ainsi que sa surcharge décorative abstraite montre une influence anglaise (style perpendiculaire).


Portugal : Santa Maria da Bathalha

 
Architecture civile

-   Même si les villes gothiques d’Espagne ne comportent pas d’enceintes fortifiées comme en France (Avignon ; Aigues-Mortes…) elles possèdent des entrées monumentales flanquées de tours colossales.
-   Ainsi, la « Porte de Serranos » à Valence (1238) impose en toute sobriété ses 2 énormes tours octogonales.


Valence : Porte de Serranos


Palma : Château

-   Des châteaux gothiques il ne reste presque rien.
-   Le château de Palma (1314) est un des rares château bien conservé. De plan circulaire, sa cour intérieure entourée d’un portique à 2 étages, s’inspire de l’organisation monastique. Si le rez-de-chaussée est en plein cintre roman, le 1er étage présente les arcs brisés propre à l’architecture gothique. Seule la grosse tour cylindrique qui défend l’accès se détache de l’ensemble.

-   Avec le développement du commerce, les villes d’Espagne (comme en Italie) construisent des chambres de commerce grandioses (rares vestiges gothiques espagnols).
-   Ainsi, la chambre de commerce de Valence (fin du XVème siècle) impressionne par sa monumentale salle de réunion.
-   Si sa façade est architecturalement très sobre (géométrie rectangulaire minimaliste), ses ouvertures présentent un décor assez complexe, mêlant pur style gothique et réminiscence mudéjar (la forme des fenêtres de l’étage supérieur gauche).


Valence : Chambre de commerce

 
Sulpture

-   En sculpture, on retrouve le même processus d’assimilation des modèles français ou italiens, constaté en architecture.
-   Ainsi, le gisant de l’archevêque Juan d’Aragon (cathédrale de Tarragone - 1337) s’inspire de la sculpture toscane (Italie). Néanmoins, si les personnages sont techniquement traités avec finesse, on remarque l’aspect maladroit de certaines silhouettes disproportionnées.


Tarragone : Gisant de Juan d'Aragon


Léon : Vierge blanche

-   Pour sa part, cette « Vierge blanche » de la cathédrale de Léon reflète l’art gothique français.

-   Par contre en Catalogne, un esprit purement ibérique prend naissance avec : une décoration précise ; des moulures disposées de façon rigoureuse ; un ajout de couleurs franches.
-   Ainsi, le retable en albâtre (1420) de la cathédrale de Vich explose de couleur. Malgré l’extrême densité des scènes qui alourdissent l’ensemble, la sculpture peinte est d’une force expressive jamais rencontrée en France ou en Italie.


Vich : Retable


Barcelone : Saint-Georges et le dragon

-    De même, le « Saint Georges et le dragon » de la façade du palais du Conseil à Barcelone (1418) est d’une force expressive toute ibérique.

-   Enfin, la statue de « Saint-Charlemagne » (1345), est un bel exemple de la sculpture catalane, expressive et colorée.


Saint-Charlemagne

 
Peinture

- La peinture espagnole est de même largement influencée par l’art français, italien et même allemand.
-   Néanmoins en Castille, les miniatures des manuscrits du le roi Alphonse le Sage (XIIIème siècle), trahissent en outre un apport arabe et castillan autochtone (traitement abstrait des bordures ; couleurs vives ; architecture aux arcs outrepassés…).


Castille : Miniature

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Proposé par Frédéric BARRON

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