Histoire de l'art : 2ème Renaissance

Flandres : Bosch & Bruegel

 

Jérôme Bosch : un artiste isolé

-   Jérôme Bosch (grand mystique), tient une place à part dans la peinture du début du XVIème siècle. Pourtant contemporain de Léonard de Vinci et de l’esprit de la Renaissance, il apparaît comme un artiste isolé, insensible à toute influence italienne.
-   Demeurant dans la tradition du langage médiéval, ses débordement d’irréalisme semblent être un des derniers sursauts du gothique.


Bosch : Le Jardin des Délices
Triptyque : Paradis - Jardin des Délices - Enfer


Bosch : Le Jardin des Délices
volet gauche : Paradis

-   Dans son œuvre très virulente et riche d’éléments imaginatifs et moralisateurs, Bosch s’attache à stigmatiser les vices de la société de l’époque dans des scènes terrifiantes où l’on voit des créatures démoniaques. Il est donc un artiste à l’âme grave qui aime à évoquer les forces du mal et de l’Enfer, reprenant à son compte les diableries du Moyen Age.

-   Ainsi, « Le Jardin des Délices » s’apparente à un examen critique et moral des égarements érotiques des hommes.
-   Dans le panneau central, d’exubérantes scènes de folies amoureuses se déploient dans une rêverie sensuelle et fantastique (tel ce couple prisonnier dans une boule de cristal), dans lesquelles apparaissent de nombreux éléments symboliques ou imaginaires.


Bosch : Le Jardin des Délices
volet central : Jardin des Délices


Bosch : Le Jardin des Délices
volet droit : Enfer

-   Dans le panneau de droite, le monde infernal destiné aux débauchés du panneau central, est évoqué dans un obscur paysage terrifiant où prolifèrent monstres et créatures infernales. Les condamnés à l’Enfer se tordent sous la souffrance. 
-    Mais les délires de l’imagination de Bosch, et son sens de l’absurde sont tels, qu’il est quasi impossible de tenter une interprétation de ses compositions.

 
Pieter Bruegel-le-Vieux : entre Gothisme et Renaissance

-   Dans la 2ème moitié du XVIème siècle, Bruegel le Vieux dont l’inspiration initiale vient des grands primitifs (gothique), déploie dans ses premières œuvres très inspirées par Bosch, des paysages apocalyptiques qui grouillent de foules sinistres.


Bruegel le Vieux : la Gourmandise


Bruegel le Vieux : la Parabole des Aveugles

-   Mais après un périple en France et en Italie qui le met au contact de la Renaissance, l’envie de transcrire le paysage avec naturel devient chez lui prégnante. Il se trouve dès lors à la charnière de 2 mondes : celui du gothique et celui de la Renaissance.
-   Abandonnant les scènes d’Enfer, il s’attache désormais à décrire des scènes représentant la vie quotidienne des paysans. Par contre, sa vision pessimiste du monde fait qu’il se dégage de ses tableaux d’un âpre réalisme, une impression de froid, un sentiment intense de solitude humaine.
-   Ainsi, « la Parabole des Aveugles » (1568) baigne dans une lumière grisâtre qui se limite à des tonalités plombées. Par une composition marquée en diagonale, il souligne l’opposition entre la sérénité de la nature et l’agitation dérisoire des hommes.

-   « Les Chasseurs dans la Neige » (1563), avec ses tonalités grises, ses verdures gelées, son paysage couvert de neige, dégage une impression de froid et de solitude humaine.


Bruegel le Vieux : les Chasseurs dans la Neige

 
L'influence italienne

-   Parallèlement à Bosch et à Pieter Bruegel-le-Vieux qui perpétuent une tradition flamande très personnalisée, dès le début du 16ème siècle la peinture de la Renaissance italienne influence certains peintres flamands.
-   Ainsi, Quentin  Metsys (à Anvers) tout en restant fidèle à l’élégance un peu compliquée du gothique tardif, puise dans les œuvres de Léonard de Vinci bien des éléments, tel le « sfumato » ou la recherche du rendu psychologique.


Quentin Metsys : Le Prêteur et sa femme


Jan Gossaert : Vierge à l’Enfant

-   De son côté, Jan Gossaert (à Anvers), tout en restant flamand dans son art, peint à partir de 1508.
   * Des portraits de madones très inspirés du maniérisme italien.
   * Des portraits du même style.
   * Des tableaux reprenant des thèmes de la mythologie romaine.
-   Cette « Vierge à l’Enfant » combine ainsi italianisme et tradition nordique.

-   Dans la 2ème partie du XVIème siècle, après un séjour en France et en Italie, Jan Metsys en ramène le maniérisme.
-   De ses gracieux nus au sourire sophistiqué, il émane une impression de sensualité qui rappelle le froid érotisme de l’Ecole de Fontainebleau.
-   Mais cette influence italianisante ne fera pas école.


Jan Metsys : Flora


Spra
nger : Hermaphrodite et Salmacis

-   Enfin notons à la fin du XVIème siècle, Spranger qui œuvre surtout à Vienne puis à Prague, y apportant de façon incongrue en cette région rétive à la Renaissance italienne, le style maniériste.
-   Il peint de grandes figures féminines nues, d’une élégance délicatement sensuelle, voire érotique.

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Proposé par Frédéric BARRON

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