Histoire de l'art : Byzance

2ème âge d'or

 

Architecture

 
-   A partir des premiers empereurs Théodose et Justinien, l’art byzantin acquiert des types qui se répèteront fidèlement dans leur ligne générale à travers les siècles.

-   Néanmoins, une certaine variété dans le force expressive, sinon conceptuelle, s’exprimera.


Athènes : église des Apôtres


Byzance : Carye-Camii

-   Après la période de persécution artistique par les empereurs iconoclastes (VIIIème siècle), la construction des basiliques reprend de plus belle.

-   Désormais, les coupoles s’élèvent sur un tambour cylindrique afin qu’elles soit vues de l’extérieur. Par contre, ainsi suspendues dans le vide sans contrefort, leur dimension est réduite.
-   En contrepartie, et pour assurer l’éclairage naturel intérieur, leur nombre se multiple.

-   A partir du Xème siècle, L’organisation des églises se complexifie. A l’entrée se trouve généralement un narthex (un portique) surmonté de coupoles.


Byzance : Saint-Théodose

 
Mosaïques religieuses

 
-   La surcharge picturale des murs perdure. Elle restera (sauf durant la période iconoclaste au VIIIè siècle) une récurrence de l’art byzantin.

-   Ainsi, les murs et les coupoles sont toujours revêtues de décoration polychrome (mosaïques ou fresques) dont les répertoires sont dans les premiers siècles très codifiés, et laissent peu de place à l’originalité de l’artiste.

-   On remarque sur cette mosaïque du XIIè siècle les gestes stéréotypés.


Byzance : Sainte-Sophie


Byzance : Sainte-Sophie

-   Sur les absides apparaît toujours la figure gigantesque du Pantocrator  (le tout puissant) ou bien celle de la Vierge tenant l’Enfant dans ses bras.

-   Les règles strictes imposées font que cette mosaïque du XIIè siècle est d’une rigidité absolue.

-   Néanmoins, dès le XIIIè siècle, une liberté s’installe.

-   Sur cette mosaïque représentant le Pantocrator, on distingue une expression toute nouvelle, une finesse du modelé, et des nuances raffinées de coloris jusqu’alors inconnues à Byzance.


Byzance : Sainte-Sophie


Byzance : Cariye-Camii

-   Après la période iconoclaste (rejet des images), une plus grande liberté de style se fait jour. Des personnages secondaires sont ajoutés, les gestes sont moins stéréotypés ; le décor s’enrichit de détails.

-   On le constate sur cette mosaïque de l’église Cariye-Camii de Byzance (XIVème siècle). On note le goût persistant pour la couleur.  

 
Peintures

 
-   La peinture byzantine a pour ainsi dire presque totalement disparue. Seules quelques rares peintures murales d’églises et quelques enluminures de livres religieux nous sont parvenues.

-   Cette peinture murale du XIVème siècle, de l’église Cariye-Camii de Byzance est d’un dynamisme fort qui contraste avec le hiératisme des premiers siècles byzantins. Les figures s’allongent, les gestes s’accentuent dans une représentation dynamique et majestueuse.

-   Ceci annonce l’art des icônes russes.


Byzance : Cariye-Camii


Psautier grec n°139

-   La peinture miniature des livres religieux propose toujours des thèmes représentés de façon identique. Néanmoins, ces livres étant destinés à une aristocratie raffinée, une certaine liberté dans le rendu artistique se manifeste.
-   Ainsi, cette miniature du Xème siècle reproduit avec une grande liberté les prototypes hellénistiques et alexandrins du passé.
-   C’est à partir de miniatures comme celle-ci (XIème siècle), que l’occident puisera au Moyen âge ses compositions et son style.


Ménologe de Basile II


Psautier palatin n°381

-   Il est évident que cette miniature possédée par le Vatican (David composant des psaumes), influencera l’art gothique, par sa délicatesse de traits et de gestes, et par sa vivacité des couleurs.
 
Emaux cloisonnés

 
-   Les émaux qui servent à enrichir les objets de l’orfèvrerie (couronnes suspendues ; candélabres ; reliquaires…) sont une des richesses de l’art byzantin qui se diffusera en Occident.

-   Cette technique appelée « cloisonné » qui consiste à couler de la pâte de verre colorée dans des compartiments délimités par des cloisons d’or, s’inspire d’un procédé perse.

-   Tout comme les mosaïques et les peintures byzantines, les émaux sont très colorés.


Calice : Xè siècle


Médaillon : XIè siècle

-   Ce médaillon du XIème siècle permet de comprendre la technique du cloisonné. Les gestes et les plis stéréotypés rappellent la mosaïque byzantine.
-   Cet évangéliaire du XIème siècle présente des plaques d’émail cloisonné.

-   Tout autour on remarque la richesse d’un décor d’incrustations de pierres précieuses.


Evangéliaire : XIè siècle

 
Ivoires

 
-   De la statuaire détruite lors de l’invasion musulmane, il ne nous est parvenue que de petites sculptures en ivoire (objets facilement exportables et donc retrouvés en Occident).

-   L’Hodigitria (Marie portant l’enfant Jésus) sera pour l’Occident à venir un modèle.  Le travail minutieux des plis et des visages est une synthèse entre art orientaliste et stylisation byzantine.


Hodigitria


Evangéliaire d'Otton III

-   Cette couverture de l’évangéliaire d’Otton III (Xème siècle) porte au centre d’une exubérante orfèvrerie, une plaque en ivoire travaillée en reliefs, dont les rondeurs accentuées donnent un sentiment de profondeur.

-   La qualité du rendu des plis, malgré leur simple expression, rappelle encore ici l’art hellénistique et romain.

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Proposé par Frédéric BARRON

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