Histoire de l'art : Le Baroque

Italie : peinture du XVIIème siècle : Caravage

 

Carrache et Reni


Carrache : Bacchus et Ariane


Carrache : Bacchus et Ariane

-  L’époque étant tournée vers l’architecture et la sculpture plus accessibles à la foule (esprit de la contre-réforme), les peintres italiens du XVIIème siècle (sauf Caravage) ont tendance à puiser dans le passé.
-   Annibal Carrache (Bologne) en est un bel exemple. Si son œuvre constitue le fondement du courant néo-classique à venir, on ne peut que constater qu’elle s’inspire de Michel-Ange, du Corrège, de Titien, de Véronèse…
-   Dans « Bacchus et Ariane » on retrouve ainsi :
   * la fermeté sculpturale des corps et l’éclat de la couleur (Michel-Ange).
   * Le mouvement exacerbé des personnages (Véronèse).
   * Le fond aérien du paysage (Titien).
   * La forme alanguie de certaines postures (le Corrège).

-   Quant à lui, Guido Reni (Bologne) peint dans la lignée de Carrache, de nombreuses scènes mythologiques.
-   « Le Char d’Apollon » est d’une grande fraîcheur dont les personnages sont tout en mouvement.


Reni : Le Char d'Apollon


Reni : Atalante et Hippomène

-   Avec « Atalante et Hippomène » d’une composition très théâtrale, si la composition froide rappelle le maniérisme, la beauté des lignes courbes est toute baroque.
-   Le clair-obscur qui se rapproche de la peinture de Caravage, montre l’influence grandissante de ce dernier.

 
Caravage

-   Dès ses premières œuvres, Caravage qui va devenir le maître du « clair-obscur » s’élève contre le style méthodique et académique de Carrache. Sa démarche est anti-renaissante, cherchant à rendre la spontanéité, quitte à peindre un tableau « sans histoire », à faire poser comme modèles des gens du peuple.
-   Ainsi dans un de ses 1er tableau, « Le Garçon à la corbeille de fruits », il a l’audace :
   * Non seulement de faire poser un garçon des rues (à ses yeux aussi important qu’un aristocrate).
   * Mais de plus de mettre en avant un vulgaire panier de fruits (aussi important que l’être humain qui l’accompagne).
-   Nous sommes en présence d’une leçon de naturalisme et d’humilité.


Caravage : Le Garçon à la corbeille de fruits


Caravage : La Vocation de Saint Mathieu

-   Avec « La Vocation de Saint Mathieu », Caravage atteint son style :
   * Désacralisation
des mythes par la mise en scène de personnages du peuple (Le thème sacré est représenté dans une taverne).
   * Naturalisme des gestes et des vêtements aux antipodes des représentations aristocratiques habituelles.
   * Luminisme fait d’un clair-obscur qui réagit contre les couleurs acidulées du maniérisme.

-   Dans cette composition sombre, la lumière devient prépondérante. Elle fait resplendir les visages et les habits, briller le visage du personnage central. Plus que le dessin des contours, la couleur et la lumière servent désormais à modeler les personnages et les objets.


Caravage : La Vocation de Saint Mathieu


Caravage : Le Martyre de Saint Matthieu

-   Dans « Le Martyre de Saint Matthieu », la violence est exprimée sans retenue.
-   A partir d’un sicaire presque nu placé au centre de la composition, part une composition de personnages (magistralement rendus par des raccourcis violents) distribués en une série de courbes tourbillonnantes et vigoureuses.
-   Par des effets contrastés d’ombre et de lumière, la clarté semble irradier de l’intérieur de la toile vers l’extérieur.

-   « La Crucifixion de saint-Pierre » est traitée (dans une composition fondée sur une intersection de diagonales) avec un réalisme brutal et dramatique, comme si la scène se déroulait à un coin de rue. Ici, aucun recours au surnaturel n’est proposé.
-   On est loin de la froideur des peintures des époques précédentes. Les pieds et les mains du suppliciés sont sales et vulgaires, le visage vieux et ravagé, les raccourcis saisissants.


Caravage : La Crucifixion de saint-Pierre


A. Gentileschi : Judith et Holopherne

-   Notons enfin que Caravage influença bon nombre de peintres italiens. Parmi eux se détache A. Gentileschi.
-   On retrouve dans « Judith et Holopherne » le jeu subtil entre ombre et lumière.

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Proposé par Frédéric BARRON

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