Histoire de l'art : Le Baroque

Italie : architecture du XVIIème siècle

 

Les origines : l'église du Gesù

-   Afin de contrer les pays de l’Europe du Nord gagnés par le protestantisme, et afin de s’opposer à la Turquie qui prend pied dans les Balkans, l’Eglise catholique de Rome (par l'intermédiaire de la Compagnie de Jésus), décide à la fin du XVIème siècle de réagir par la création artistique.
-   Désormais pour toucher les foules, l’art religieux se doit de davantage parler au cœur qu’à l’esprit.


Della Porta : église du Gesù


Della Porta : église du Gesù

-   De ce fait, peu à peu est abandonné la géométrie rigoureuse de la Renaissance au profit d’un art curviligne, émotionnel, théâtral et suggestif : le Baroque (Déjà suggéré chez Michel-Ange).
-   La façade de l’église du Gesù (Rome - fin du XVIème siècle) de Della Porta est considérée comme le point de départ de l’architecture baroque par les nouveautés que sont :
   * Les frontons superposés.
   * Les médaillons en lignes torses.

   * Les volutes couronnant les nefs latérales.

 
Rome : églises baroques

-   Dans la 1ère moitié du XVIIème siècle, le désir d’éveiller les sentiments et les émotions va pousser les architectes à accumuler sur les façades des églises de Rome, lignes, surfaces et figures courbes (invention de della Porta).
-   En effet, ces courbes enchevêtrés et floues, insaisissables par un premier regard, éveillent chez le spectateur le trouble émotionnel recherché que ne provoquait pas le quadrillage géométrique de l’architecture de la Renaissance.


da Cortona : Santi Luca e Martina


da Cortona : Santi Luca e Martina

-   Ainsi, la façade de l’église « Santi Luca e Martina » réalisée par Pietro da Cortona, non seulement par ses surfaces courbes vibre d’un jeu d’ombres et de lumière, mais de plus par sa courbure elliptique s’harmonise parfaitement avec la coupole (autre élément courbe).
-   Notons que le petit tympan arrondi en haut de la façade relie encore plus étroitement la façade et la coupole.  

-   Avec Bernini, Le jeu des lignes courbes et des surfaces concaves et convexes commence à réellement produire un effet scénique. On remarque ainsi sur le plan de « Sant’Andrea del quirinale » (1658:
   * Que l’intérieur de l’église est d’une elliptique surprenante avec son grand axe qui correspond à la largeur de l’église.
   * Que la façade comprenant un portique convexe, s’inscrit dans une cour cernée par un mur en demi-ellipse de forme concave (cela annonce Saint-Pierre du Vatican).
-   Si l’arrière de la façade avec ses 2 pilastres plats et son monumental fronton triangulaire reste classique, la combinaison des lignes courbes de la cour et du portique crée le dynamisme tant recherché.


Bernini : Sant’Andrea del quirinale


Bernini : Saint-Pierre du Vatican

-   En réalisant la place Saint-Pierre du Vatican (1663), Bernini concrétise ses recherches précédentes concernant les espaces extérieurs.
-   L’idée « d’embrasser la foule » se trouve totalement accomplie par ce vaste espace ellipsoïdal encadrée d’un portique formé de 4 rangées de colonnes. Au centre, l’obélisque égyptien et les 2 fontaines placées symétriquement rythment la progression vers la basilique.

-   C’est Borromini qui élimine toute trace d’influence classique. On le remarque parfaitement dans le plan de « San Carlo alle quattro Fontane » (1641), dans laquelle prime la courbe d’une intense complexité.
-   Avec la façade qu’il réalise en 1667, il crée un dynamisme houleux grâce aux parties concaves et convexes qui alternent.


Borromini :
San Carlo alle quattro Fontane


Borromini : Santa Agnese

-   Santa Agnese de Borromini sur la piazza Navona (1657), tout en intégrant des références classiques, impose l’esprit baroque avec :
   * Sa partie centrale concave.
   * Ses 2 corps latéraux couronnés d’élégants campaniles aux courbes convexes.
   * Sa coupole monumentale immédiatement placée au-dessus du porche (une nouveauté) qui devient ainsi un élément curviligne fondamental par sa visibilité totale.

 
Rome : architecture civile

-   Par contre l’architecture civile dont le but n’est pas « d’édifier » le peuple, reste peu sensible à l’esprit baroque.
-   Ainsi, dans les environs de Rome, la façade de la villa Borghèse (de Giovanni Vansanzio) s’ouvre sur un portique classique d’une austère sobriété, flanqué de 2 corps saillants. Les 2 étages en recul comporte des idées baroques.
-   La nouveauté de cette façade consiste surtout en son ouverture sur l’extérieur. S’en est fini du Palais Renaissance fermé, où la vie se confine à l’intérieur des murs.


Vansanzio : villa Borghèse


Algardi : villa Doria-Pamphili

-   De même, la villa Doria-Pamphili (d’Algardi), malgré quelques libertés comme certains angles coupés, reste d’inspiration palladienne.

-   Néanmoins, lorsque Borromini réalise la façade du palais de la Propagation (1662), il met en application son style baroque. On remarque ainsi le contraste entre les éléments rentrants et saillants ; entre les formes rectilignes et courbes ; entre les ombres et la lumière.


Borromini :
palais de la Propagation

 
Italie : expansion du baroque

-   A partir de Rome, l’art baroque se diffusa en Italie.
-   A Venise, Santa Maria della Salute (XVIIème siècle) en est l’un des plus manifeste exemple, avec sa coupole ornée de volutes toutes en courbes baroques.


Venise : Santa Maria della Salute


Turin : palais Carignano

-   A Turin, le palais Carignano vibre d’ondes rythmiques qui relient les vides aux lignes ondoyantes concaves et convexes, ce qui a pour conséquence de faire jouer l’ombre et la lumière.

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Proposé par Frédéric BARRON

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