Histoire de l'art : Le Baroque

Hollande au XVIIème siècle

 

Architecture : la simplicité

-   Dans la Hollande protestante, l’architecture devient hostile aux formes exubérantes du baroque de la Contre-réforme catholique.
-   Ainsi, Amsterdam devenue une métropole commerciale d’envergure, se pare de maisons dont les façades sont d’une simplicité affirmée, autant dans leur ordonnancement que dans leur structure (emploi de la brique moins riche que la pierre, etc.)


Amsterdam : Maisons au bord des canaux


La Hayes : Le Mauritshuis

-   Concernant les bâtiments civils, dès 1630 apparaît un style classique d’une grande simplicité.
-   Le Mauritshuis de la Hayes (Palais du prince) de Jan Van Campen, avec son majestueux parallélépipède de brique et de grès et sa corniche soutenue par des pilastres à chapiteaux ioniques, se rapproche ainsi de l’architecture renaissante de Palladio.

-   Même sobriété pour le palais municipal de Maastricht.


Maastricht : Palais municipal

 
Peinture : Le portrait - Frans Hals et Rembrandt

-   Dès l’indépendance du pays, la peinture hollandaise se pare des caractéristiques du réalisme nordique, bourgeois et protestant :
    * Représentation du quotidien.
    * Amour de la terre natale et de la maison familiale.
    * Aversion pour tout excès pompeux.
-   Avec Frans Hals, l’art du portrait s’émancipe du formalisme officiel des « Cours Royales ». Chez lui les personnages ne sont plus figés, mais plein de spontanéité.
-   Dans « Le Joyeux Buveur », le personnage, bon vivant, est ainsi traité en touches rapides et fluides, réparties de façon à rendre à la fois le mouvement, la lumière et le rendu de la matière.
-   Cette liberté de touche fera l’admiration des Impressionnistes au XIXème siècle.


Frans Hals : Le Joyeux Buveur


Frans Hals : Compagnie du Capitaine Reynier Reael


Frans Hals :
Compagnie du Capitaine Reynier Reael

-   Ses portraits collectifs (très prisés en cette Hollande bourgeoise du XVIIème siècle, qui cherchent à incarner la lutte contre l’absolutisme royal environnant) attestent d’un même souci de simplification de la composition.
-   Sa « Compagnie du Capitaine Reynier Reael » en est un bel exemple.

-   Rembrandt quant à lui, est très vite influencé par le jeu d’ombre et de lumière initié en Italie par Caravage. Néanmoins on remarque que son utilisation du clair-obscur est chez lui peu rationnelle.
-   En effet, il utilise cet effet de contrastes afin de répondre à son objectif : approfondir l’expression psychologique des personnages présentés.
-   Son « Autoportrait avec Collerette et Toque » en est un bel exemple :
    * Clair-obscur.
    * Fond neutre mettant le visage en valeur.
    * Profondeur envoûtante de l’expression du regard.


Rembrandt : Autoportrait avec Collerette et Toque


Rembrandt : Autoportrait en jeune homme

-   Comme Frans Hals, Rembrandt s’investit particulièrement dans les portraits tant prisés en Hollande. Mais son but est de leur donner une dimension psychologique, de capter l’intimité profonde des personnages.
-   Dans cette optique, sa technique est plus basée sur la touche libre de son pinceau que sur un contour précis des personnages. Ainsi le rendu semble vivant et non figé.

-   Ce désir de capter la psychologie des personnages se retrouve dans les quelques tableaux religieux ou mythologiques de Rembrandt.
-   Ainsi, dans « Danaé » (dont la posture est inspirée de Titien), le naturalisme sensuel ; le contraste entre la simplicité de la servante et le mouvement de la princesse ; la sinuosité du rythme ; les effets subtiles de la lumière ; contribuent à nous plonger dans l’émotion intime de Danaé.


Rembrandt : Danaé


Rembrandt : La leçon d'Anatomie

-   Il en est de même dans ses portraits collectifs. Dans « La leçon d’Anatomie » très construite :
    * Composition générale en diagonale,
    * Composition pyramidale du groupe,
    * Contrastes des couleurs (entre la pâleur du cadavre et les mains des participants),
-   L’expression de vie est rendue par :
    * La variété subtile des expressions psychologiques,
    * L’expression des personnages,
    * Le jeu des regards.


Rembrandt : La Ronde de Nuit

-   Pour mieux capter les émotions des personnages, Rembrandt situe sa « Ronde de Nuit » dans la rue (ce qui est d’une grande nouveauté), dans un puissant jeu d’ombres et de lumière qui anime la scène.
-   De ce fait, point de personnages figés, mais des groupes vivants, ordonnés suivant 2 directions :
    * Des cotés vers le centre.
    * Du fond vers le 1er plan, toutes les lignes se concentrant sur le capitaine central.


Rembrandt : La Ronde de Nuit

 
Peinture : Les scènes intimistes - Vermeer

-   La peinture intimiste représentant des scènes d’intérieur s’inscrit dans ce courant hollandais destiné à fournir la riche bourgeoisie en tableaux décoratifs. Ici, rien de dramatique ; juste des représentations de la vie quotidienne.
-   Vermeer, en représentant des personnages contemporains dans des intérieurs hollandais, est le plus éclatant représentant de ce mouvement.
-   « La Liseuse » indique déjà les 3 principes qui feront école :
    * Une composition autour d’un seul personnage.
    * Une lumière omniprésente mais diaphane.

    * Un espace simple découpé en peu de plans (ici : la nature morte avec sa corbeille de fruit ; la liseuse, le fond simplissime).


Vermeer : La Liseuse


Vermeer : La Laitière

-   Avec « La Laitière » (genre traditionnel) dont la scène se concentre sur la figure féminine, le côté minimaliste s’accentue.
-   Pourtant, le rendu très réaliste des objets et de la matière (pain ; lait ; pots…), donne au tableau une telle vérité qu’il semble subtilement animé. La lumière diaphane, les tons clairs, et la gamme chromatique fondée sur le jaune, le bleu ciel et le blanc, participent à cette impression de mouvement retenu.

-   En ses dernières années, Vermeer tend vers un rendu minimaliste, et de ce fait limite les éléments du décor à l’essentiel.
-   Ainsi, dans «  La Dentellière », le style atteint un réel dépouillement. Tout détail superflu a été éliminé. Les tons froids ainsi que la lumière douce et pâle procèdent de ce désir de simplicité.


Vermeer : La Dentellière


Gérard Ter Borch : Le concert intime

-   L’influence de Vermeer se remarque chez Gérard Ter Borch, autant dans l’attitude des personnages, dans le travail de la matière que dans l’éclairage des pièces.
-   Ainsi, dans « le concert intime », intérieur raffiné de la haute bourgeoisie, la lumière semble sourdre d’ailleurs. Les tons sont neutres et unis, et le tissu de la robe légère de la jeune fille vêtue est d’un chatoiement qui ressort en contraste.

-   De son côté, Pieter de Hooch traduit profondément l’intimisme hollandais. Ses scènes de vie domestique se présentent toujours sous une douce lumière graduée.
-   On remarque dans le traitement graphique de l’espace, son intérêt pour les formes rectangulaires juxtaposées, ce qui permet des ouvertures multiples d’une pièce à l’autre.


Pieter de Hooch : L'armoire à linge

 
Peinture : le paysage

-   Au XVIIème siècle, c’est en Hollande que le paysage devient un genre pictural à part entière.
-   Abandonnant « le sujet » traditionnel du 1er plan, le peintre (qui en ce pays peint pour une bourgeoisie désireuse de décorer son logis) se porte vers la transcription du paysage local.


Jacob Van Goyen : Village près de la rivière


Jacob Van Goyen : Berges à Ennerich

-   Ainsi, Jacob Van Goyen, avec ses paysages destinés à éveiller chez le spectateur une émotion mélancolique, devient le poète des vastes solitudes transcendées par :
    * L’immensité du paysage.
    * Des tons monochromes, presque sans couleur.
    * Un horizon lumineux.
    * 2/3 de ciel vaporeux où courent des nuages ténus.
    * Au-dessous du ciel, un paysage aux teintes faiblement chaudes.

-   Avec Jacob Van Ruisdael, les contrastes s’accentuent, la lumière s’intensifie, la spatialité s’installe.
-   Saisissant avec lyrisme la lumière d’un temps d’hiver enneigé, la grisaille d’un jour orageux de l’été, il fait d’un simple paysage une œuvre grandiose.


Jacob Van Ruisdael : Moulin près de Wijk


Jacob Van Ruisdael : Scène d'hiver

-   Pour se faire, il envahit ses grands ciels de colonnes de nuages qui se tordent en un lacis vaporeux et mouvant.
-   Et presque toujours, la lumière du ciel semble traduire la tristesse du monde. Les rares êtres humains semblant confirmer cette impression d’impuissance.

-   Les peintres de marines sont très proches des paysagistes. Néanmoins un certain formaliste fige leurs compositions.
-   Jan Van de Capelle ainsi capte les effets de lumière sur les vagues et les couchers de soleil sur la mer.


Jan Van de Capelle : Navires dans le calme

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Proposé par Frédéric BARRON

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