Histoire de l'art : Le Baroque

Les Flandres espagnoles au XVIIème siècle

 

Architecture : l'incursion baroque

-   Au XVIIème siècle, suite à des remous politiques et religieux, les Flandres se séparent en 2 identités distinctes :
    * Au nord la Hollande indépendante et protestante.
    * Au sud les Flandres espagnoles et catholiques.
-   Dans cette optique, l’adoption du baroque italien donne son caractère à l’architecture flamande religieuse. L’église du Béguinage de Bruxelles en est un bel exemple.


Bruxelles : Eglise du Béginage


Louvain : Saint-Michel

-   De même, l’église Saint-Michel de Louvain, tout en respectant les traditions régionales de la verticalité gothique et du couronnement par un pignon typiquement flamand, apparaît fortement inspirée des modèles du baroque italien romain avec ses surcharges décoratives, ses courbes, ses volutes, etc.

-   En ce qui concerne l’architecture civile, il en va de même.
-   La « Grand' Place » de Bruxelles, tout en poursuivant la verticalité gothique avec l’abondance de ses pinacles, se pare de pignons richement décorés et d’une ornementation dorée surchargée.


Bruxelles : La Grand' Place

 
Sculpture : influence espagnole

-   Sous influence espagnole, la sculpture flamande religieuse se pare d’une exubérance baroque spectaculaire (confessionnaux ; chaires ; etc.).
-   La chaire de la cathédrale de Bruxelles par Hendrik Verbruggen atteint ainsi le sommet de surcharge animée de détails et de mouvement.


Hendrik Verbruggen : Cathédrale de Bruxelles


Artus Quellin : Cathédrale d'Anvers

-   Il en est de même des œuvres d’Artus Quellin à Amsterdam et à Anvers.

 
Peinture : Rubens

-   La peinture flamande largement dominée par Rubens, tout en restant liée à l’art espagnol baroque, s’en démarque par une plus grande liberté due à l’éloignement de la Cour.
-   La formation de Rubens fut italienne. Dans ses premières œuvres qu’il réalise à Anvers, on retrouve ainsi des réminiscences de la renaissance et du baroque italien, et également de l’art antique romain.
-   Cette influence italienne apparaît nettement dans « L’Erection de la Croix » à travers :
    * Une audacieuse composition en diagonale (Caravage).
    * Une ligne tracée très dynamique (Tintoret).
    * Une couleur particulièrement intense (Raphaël ; Véronèse).
    * Une forte musculature des personnages (Antiques romains ; Michel-Ange).


Rubens : L'Erection de la Croix


Rubens : L'Enlèvement des filles de Leucippe

-   « L’Enlèvement des filles de Leucippe » d’inspiration vénitienne (Véronèse ; Titien ; Tintoret) se pare d’une puissance vitale, d’une monumentalité envahissante et d’un dynamisme tourbillonnant qui annoncent son style personnel à venir.
-   Le frémissement sensuel des corps féminins aux chairs palpitantes s’oppose à l’agressivité de Castor et Pollux.


Rubens : Le Jugement de Pâris

-   Dans sa 2ème période plus européenne, ses tableaux se libèrent des modèles italiens et gagnent en richesse chromatique, en dynamisme, en liberté d’exécution et en lyrisme.
-   Ainsi, le « Le Jugement de Pâris » est divisé en 2 zones audacieuses qu’exacerbe une luminosité sensuelle :
    * D’un côté celui des hommes, musclés et vigoureux.
    * De l’autre celui des femmes, plantureuses et placides.


Rubens : Le Jugement de Pâris


Rubens : Le débarquement de Marie de Médicis

-   En France, dans la série allégoriques des « Vies de Marie de Médicis et d’Henri IV », Rubens donne libre cours à son goût pour l’exubérance, les chairs plantureuses, les couleurs empreintes de vitalité, du faste, le tout teinté d’une certaine grandiloquence.
-   « Le débarquement de Marie de Médicis » apparaît ainsi comme une synthèse parfaite entre le baroque et l’art italien dans son ensemble.

 
Peinture : l'héritage de Rubens


Van Dyck : Diane et Endymion surpris par un Satyre

-   Disciple de Rubens, Van Dyck se forma particulièrement en Italie au contact de la peinture vénitienne.
-   L’influence de la Renaissance italienne se retrouve ainsi dans « Diane et Endymion surpris par un Satyre ». De nombreuses résonances avec les tableaux de Titien marquent cette toile, tels l’utilisation de la couleur, la posture lascive du personnage féminin, et le traitement du paysage.
-   Néanmoins, la composition reposant sur un jeu de diagonales (celle qui passe par le corps dénudé de Diane, et l’autre par le bras du Satyre) est quant à elle baroque, donc conforme à l’époque.


Van Dyck : Diane et Endymion surpris par un Satyre


Van Dick : Charles 1er

-   De retour en Flandres, Van Dyck se consacre principalement au « portrait ».
-   En effet, son art formel très raffiné et élégant le met à la mode de l’aristocratie.
-   Ainsi, son portrait de « Charles 1er d’Angleterre » se distingue par :
    * Une composition qui obéit à un schéma rigoureux.
    * Un éclairage parfaitement étudié.
    * Une intensité secrète dans l’expression des personnages.
    * Une idéalisation des formes.
    * Une attention particulière accordée à la gestuelle (expression des mains.. ;).

-   Par contre, avec Jordaens la peinture reste dans la droite ligne populaire et truculente de l’art flamand. Ses tableaux populaires, mythologues et sacrés sont traités avec un réalisme vigoureux.
-   « Les quatre évangélistes » est un bel exemple de son style vigoureux et réaliste. On y trouve une recherche très particulière dans la diversité d’expression des personnages.

-   On remarque donc que l’art flamand du XVIIème siècle se partage entre ouverture à l’art italien et persistance de l’art local.


Jordaens : Les quatre évangélistes

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Proposé par Frédéric BARRON

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