Histoire de l'art : Barbares et Haut Moyen Age

Carolingiens

 

Architecture

 
-   A la fin du VIIIème siècle, la cour de Charlemagne se veut l’héritière des Empereurs romains. Dans un souci de grandeur elle est éclectique, récupérant dans les grandeurs passées ce qu’il y a de meilleur.


Chapelle d'Aix-la-Chapelle


Chapelle d'Aix-la-Chapelle

-   Elle s’inspire de ce fait de la tradition antique et byzantine, de l’héritage germanique, et du monachisme anglo-irlandais.
-   Ainsi, (dans un souci d’être l’égal de l’empereur byzantin) le plan de la chapelle édifiée à Aix-la-Chapelle copie celui de Saint-Vital de Ravenne.

-   Son plan est octogonal avec une coupole centrale (l’ensemble était couvert de mosaïques sûrement exécutées par des artistes byzantins).


Chapelle d'Aix-la-Chapelle


Oratoire de Théodulf

-   L’oratoire de Théodulf à Germigny-des-Prés (806) comporte également une coupole (toute byzantine) soutenue par 4 piliers.


-   Ses arcs en fer à cheval montrent l’influence de l’art wisigothique espagnole chez les artistes carolingiens.

-   Les premières églises carolingiennes sont en bois, avec de hautes tours-clochers en façades. Quand la maçonnerie remplace le bois, les tours en façade précédant 3 nefs persistent. Ce plan préfigure ce qui sera la caractéristique des églises (avec leur transept) aux l’époques romanes et gothiques.


Eglise de Corvey


Eglise de Corvey

-   On le remarque sur cette église abbatiale de Corvey (Wesphalie).

 
Sculpture

 
-   De la sculpture carolingienne, seuls nous sont parvenus quelques rares reliefs architecturaux, des œuvres d’orfèvrerie, et des plaques d’ivoire.

-   En reliefs architecturaux, l’oratoire de Santa Maria in Valle (à Cividale de Friuli – IXème siècle) possède une décoration en stuc qui mêle thèmes abstraits sur les arcs (origine barbare) et représentations figuratives de personnages religieux (style pseudo byzantin).

-   Aucune originalité n’est constatée.


Cividale de Friuli


Statue de Charlemagne

-   La petite statue équestre de Charlemagne est le seul bronze qui subsiste du VIIIème siècle. Son style révèle une réminiscence classique prononcée.

-   La statue reliquaire en bois de Sainte-Foy (fin du Xème siècle) est entièrement recouverte de plaques d’or et d’incrustation de pierres précieuses, dont le style mêle arts barbare et byzantins.


Reliquaire de Sainte-Foy


Evangéliaire de Godescalc

-   Le nombre élevé de plaques en ivoire destinées à décorer les reliures des livres de luxe, compense l’absence presque totale de sculpture carolingienne.

-   Cet ivoire de l’évangéliaire de Godescalc (Xème siècle), malgré un simplisme des mouvements et des formes, révèle l’influence de la tradition antique (plis des vêtements ; cadre architecturé…)

 
Enluminures

 
-   Si l’art celtique des moines irlandais influence fortement la technique des arts graphiques carolingiens, on constate en ce qui concerne la composition des œuvres (après plusieurs siècles tournés vers les motifs abstraits décoratifs barbares), un retour à la tradition figurative d’esprit classique.

-   On le voit sur cette enluminure de l’évangéliaire de Lorsch (800), avec son décor d’architecture à l’antique et son absence de frises abstraites.


Evangéliaire de Lorsch


Evangile de Lothaire

-   Cette représentation de Lothaire 1er (850) présente toutes les caractéristiques d’un désir de rattachement stylistique à l’Antiquité : rendu des volumes ; représentation purement figurative ; construction architecturée ; rendu des plis des vêtements…
-   Les enluminures de l’évangéliaire de Godescalc (Xème siècle), tout comme l’ivoire de sa couverture, se rapprochent par leurs thèmes figuratifs, ainsi que par le désir de rendre les plis des vêtements, de la tradition classique.


Evangéliaire de Godescalc

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Proposé par Frédéric BARRON

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