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Nos désirs vont
s’interférant et, dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un
bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé.
Car nous seuls
pouvons, par la croyance qu’elles ont une existence à elles, donner à
certaines choses que nous voyons une âme qu’elles gardent ensuite et
qu’elles développent en nous.
Mais le génie,
même le grand talent, vient moins d’éléments intellectuels et
d’affinement social supérieurs à ceux d’autrui, que de la faculté de les
transformer, de les transposer.
Ceux qui
produisent des œuvres géniales… sont ceux qui ont eu le pouvoir, cessant
brusquement de vivre pour eux-mêmes, de rendre leur personnalité pareil
à un miroir, de telle sorte que leur vie, si médiocre d’ailleurs…, s’y
reflète, le génie consistant dans le pouvoir réfléchissant et non dans
la qualité intrinsèque du spectacle reflété.
Je ressentis
devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous
prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur.
La plus grande des
sottises, c’est de trouver ridicules ou blâmables les sentiments qu’on
n’éprouve pas. |