Citations

François Mauriac

 

Le baiser au lépreux

Ce pauvre homme appelait tantôt stoïcisme, tantôt résignation chrétienne, l’immense défaite de sa vie.
 
Le désert de l'amour

Ah ! l’importunité de ces êtres, à qui notre cœur ne s’intéresse pas, et qui nous ont choisis, et que nous n’avons pas choisis !… et pourtant ce sont ceux-là qui remplissent notre existence.

Il aimait aussi se prouver à soi-même qu’il dominait, dirigeait ; il avait la passion d’influencer et se flatter de démoraliser avec méthode. 

Il était de ces imaginatifs qui ne lisent jamais de romans parce qu’aucune fiction vaut celles qu’ils inventent et où ils tiennent le rôle essentiel. 

Ah ! l’importunité de ces êtres, à qui notre cœur ne s’intéresse pas, et qui nous ont choisis, et que nous n’avons pas choisis ! 

C’est la vie qui dissout l’amour.

 
Destin

Il eût été de ces saintes gens que nous admirons naïvement de renoncer non à ce qu’ils aiment, mais à ce que nous aimons.
 
L'enfant chargé de chaînes

L’amour des livres, Jean Paul, c’est encore l’amour de toi-même, car tu ne lis que ceux où tu te trouves.

Mais je connaissais ma médiocrité ; encore aujourd’hui je sens douloureusement tout ce que je ne suis pas. Et du peu que je suis il m’arrive souvent de douter.

Quand on a trouvé la dernière sensation qui puisse donner une joie, il faut mourir.

 
Génitrix

C’est peut-être parce qu’il a toujours suffi qu’un être adoré vive à nos côtés, pour qu’il nous devienne moins cher. Ce sont les présents qui ont tort.
 
Préséances

Quelle trahison que le silence.

« C’est une histoire finie », me disais-je, comme si une histoire était jamais finie !

 
La robe prétexte

Un petit garçon, même le plus aimé, s’il est trop sensible n’est pas heureux.

Un voyage en chemin de fer est une retraite forcée, et nous oblige à méditer sur notre destinée.

 

Proposé par Frédéric BARRON