|
L’existence d’une coutume suffit à la
justifier. Pas besoin d’aller chercher plus loin.
Chaque fois qu’il sort de chez moi,
c’est pour reprendre dans un article ce qu’il vient de me dire. En
quelque sorte, nos entretiens lui servent de brouillon.
Soyons francs : aujourd’hui, il ne faut
surtout pas réfléchir si l’on veut survivre.
Je ne sais plus quand je me suis
endormi. J’aimerais tellement ne jamais me réveiller.
Mourir à trente-cinq ans ou vivre
jusqu’à soixante-dix, qu’est-ce que ça change.
Peu importe que le ciel soit de moins
en moins bleu, que l’eau devienne de plus en plus trouble et l’air de
jour en jour plus pollué. Nous suivons le chemin que nous indiquent nos
désirs.
Il y a une chose que tu dois
comprendre, jeune homme, c’est que la vie est éphémère, et que comme les
roses qui se fanent le soir du jour qui les a vu naître, à peine
sommes-nous nés que nous sommes déjà mort. |