Citations

Lao Tseu

 

Tao-tö king

La pureté s’obtient sans le trouble du monde,
Par le calme intérieur,
Mais à condition qu’on ne s’offusque pas de l’impureté du monde.
La paix s’obtient dans le mouvement du monde,
Par la capacité de prendre son parti de ce mouvement,
Et à condition de ne pas désirer qu’il s’arrête. 

Sans sortir par la porte, on peut connaître tout le monde ;
Sans regarder par la fenêtre, on peut se rendre compte des voies du ciel.
Plus on voit va loin, moins on apprend.
C’est en n’agissant pas qu’on gagne l’empire. Agir pour le gagner fait qu’on ne l’obtient pas.

Jamais le sage n’entreprend rien de grand,
C’est pourquoi il fait de grandes choses.
Qui promet beaucoup,
Ne peut pas tenir sa parole.
Qui embrasse trop de choses,
Ne réussit à rien. 

Tout savoir et croire qu’on ne sait rien,
Voilà le vrai savoir.
Ne rien savoir et croire qu’on sait tout,
Voilà le mal commun des humains. 

Le sage connaît sa valeur, mais ne se montre pas,
Il s’aime, mais ne cherche pas à se faire estimer.
Il discerne, adoptant ceci et rejetant cela.

Quand il gouverne,
Le sage se borne à réprimer les formes d’excès,
Celles qui seraient nuisibles à l’ensemble des êtres,
Comme la puissance, la richesse, l’ambition.

Chaque chose, pour être ce qu’elle est, doit non seulement être quelque chose, mais encore n’être pas quelque chose.
On pétrit la terre glaise pour faire des vases. C’est de son vide que dépend l’usage des vases.
On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison. C’est de leur vide que dépend l’usage de la maison.
C’est pourquoi l’inutilité vient de l’être, l’usage naît du non-être. 

Le ciel se prolonge et la terre dure.
Si le ciel peut se prolonger et si la terre peut durer,
C’est parce qu’ils ne vivent pas pour eux-mêmes.

Qui se gonfle de sa richesse et de ses honneurs,
S’attire la catastrophe.

L’œuvre un fois accomplie, retire-toi :
Telle est la loi du ciel.

Produire et entretenir :
Produire sans s’approprier, agir sans rien attendre,
Guider sans contraindre,
Voilà la vertu primordiale.

Trente rayons convergent au moyeu,
Mais c’est le vide médian qui confère à la voiture sa fonction.
Ainsi « ce qui est » constitue la possibilité de toute chose ;
« Ce qui n’est pas » constitue sa fonction.

Un tourbillon ne dure pas toute la matinée.
Une averse ne dure pas toute la journée.
Qui les produit ? Le ciel et la terre.
Si les phénomènes du ciel et de la terre ne sont pas durables,
Comment les actions humaines le seraient-elles ?

Le sage ne veut pas être infiniment taillé comme le jade.
Mais il préfère être éparpillé comme des cailloux.

Il n’y a pas de plus grand malheur que de ne pas savoir se contenter.
Il n’y a pas de plus grosse erreur que de vouloir obtenir toujours.

Ainsi celui qui sait se contenter est toujours content.

Percevoir le minuscule,
Voilà la clairvoyance.
Garder la douceur,
Voilà l’énergie.

Le bonheur repose sur le malheur,
Le malheur couve sous le bonheur.
Qui en connaît le terme ?
Le monde n’a pas de normes,
Car le normal peut se faire anormal,
Et le bien peut se transformer en monstruosité.

 

Proposé par Frédéric BARRON