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LA CAPOEIRA

Envoyée spéciale à Rio de Janeiro, à l'occasion du Carnaval annuel, Léa Quentin pour le mensuel Jeune Afrique rencontre Maria Magagnai.
1 :Définition

éa Quentin : Êtes-vous là pour le carnaval Maria?
Maria Magagnai : Oui et non, je m'intéresse plus à la capoeira.
L.Q. : La capoeira dites vous mais qu'est ce donc?
M.M. : C'est un art martial brésilien, qui se présente comme une sorte de rituel.

 

2 : Son histoire, son origine

Q. : Racontez-moi s'en plus, comment cet art est-il né ?
M.M. : La discipline au nom exotique, qui évoque le métissage brésilien et la grâce des corps en mouvement, n'est pas née dans la liesse carnavalesque, mais dans la peine et la rage de l'asservissement. Son origine est indubitablement liée à la déportation des esclaves noirs au Brésil qui commence en 1537 : afin de lutter contre leurs oppresseurs, les esclaves noirs, majoritairement originaires d'Angola, élaborent un art martial. craignant la rébellion, les négriers en interdisant la pratique. la capoeira, qui deviendra l'art de l'esquive, se masque alors sous des apparences de danse. le stratagème marche : les esclavagistes ne voient dans les mouvements imitant les animaux qu'on brave amusement datant des tribus et de la liberté, qu'une " brincadeira de Angola".
L.Q. : la capoeira est donc restée un art non violent aidant les esclaves à tenir le coup.
M.M. : Non, à l'abolition de l'esclavage, l'art martial dégénère en combat de rue. La capoeira devient sanglante et se pratique avec des lames de rasoir. La discipline qui doit laisser l'âme mettre le corps en mouvement n'est plus qu'une source de fierté. Dans les années 30, la capoeira , réhabilitée, est à nouveau un art légal. L'affrontement de deux capoeiristes est désormais fondé sur l'esthétisme et le respect de l'autre. L'important n'est pas de gagner. L'important est de participer! L'essentiel, c'est le show : les deux adeptes, au centre de la ronde ou de la Roda formée par les autres participants, rivalisent d'adresse, de malice pour l'accomplir les plus belles acrobaties sans jamais les toucher. Influencés par le rythme du berimbeau et le chant, les experts de l'esquive intensifient ou apaisent leur jeu.  

                  

 

Manoel Henrique Pereira, une grande figure de la Capoeira

Q. : Pratiquez-vous la capoeira , êtes-vous là pour voir défiler des connaissances à vous?
M.M. : Non , je ne pratique plus la capoeira mais aujourd'hui doit défiler celui qui se revendique comme le fils spirituel de Manoël Henrique Pereira le capoeiriste le plus fameux de tous les temps.
L.Q. : Le plus fameux de tous les temps dites vous expliquez nous cela :
M.M. : Manoel Henrique pereira, plus communément appelé " Besouro de Maganga " est né dans la ville de Santo da Purificaçoa en 1885. Son nom est resté gravé dans l'histoire et la mémoire aussi bien des capoeiristes bahiannais que des pratiquants de capoeira du Brésil et du monde entier. Besouro reste célèbre pour ses confrontations avec la police contre laquelle il n'a jamais  perdu, pour ses bagarres, quand il utilisé les coups de capoeira et de couteau qui envoyait au sol des adversaires comme Valentao, Capadocio et Bamba. Sa vie entourée de mystère reste vague et inconnue aux yeux du monde et l'on ne sait pas là où s'arrête le réel et où commence la légende.
L.Q. : Merci d'avoir pris le temps de nous expliquer tout cela Maria vous nous avez éclairé, aujourd'hui nous en savons plus sur le sport merveilleux qu'est la capoeira.
 

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 Léa Quentin