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Joan Miro

 

1- Situation géographique

 
Bonjour monsieur Miro. Vous êtes né à Barcelone et vous y avez passé toute votre enfance. Quels souvenirs gardez-vous de cette ville ?
Je n'en garde que de bons souvenirs car comme vous l'avez souligné à l'instant, j'y ai vécu toute mon enfance. Barcelone est ma ville préférée. Vous savez, je peux dire que je la connais vraiment bien. Quand on apprécie quelque chose, généralement on connaît un tas d'informations sur l'objet en question : dans mon cas c'est ma ville natale.

Je vous écoute, dites-moi tout ce que vous savez sur Barcelone !
Très bien. Pour commencer, Barcelone est considérée comme la deuxième ville d'Espagne. Elle a environ un million six cent mille habitants. Elle a aussi une superficie d'environ cent km². Barcelone est une commune mais aussi une ville divisée en quartiers.
La commune est délimitée par la mer à l'Est, par les communes de Santa Coloma de Gramenet et Sant Adria de Besos, par la zone franche au Sud et par les communes de Montcada-i-Reixac et Sant Cugat del Vallès à l'Ouest. Mais la ville de Barcelone est surtout célèbre pour tous ses monuments.
La construction de la cathédrale de Barcelone a été entreprise en 1298. La cathédrale est consacrée à Sainte-Eulalie, patronne de la cité. la construction a débuté sous le règne de Jacques II sur un site qui était déjà occupé par un temple romain et une église wisigothe. On peut admirer la Pedrera (ou la casa Mila ) et la casa Batllo du célèbre architecte catalan Antoni Gaudi ainsi que le Palau de Montjuic. Il y a aussi l'oeuvre de l'architecte Lluis Domènech i Montaner: le Palau de la Musica Catalana.

Connaissez-vous quelques célébrités qui sont nées à Barcelone ?
Oui, je sais que les deux cantatrices Victoria de los Angeles et Montserrat Caballé sont nées à Barcelone ainsi que la grande chanteuse Gloria Lasso. Le maire Pasqual Maragall i Mira est aussi né à Barcelone tout comme le romancier Manuel Vazquez Montalban.

 

2- Biographie

Et maintenant quand et où êtes-vous né ?
Je suis né à Barcelone bien sûr, le 20 avril 1893.
Pourriez-vous me raconter votre vie jusqu'à maintenant ?
Eh bien, mon père était horloger et mon grand-père était ébéniste. Ma soeur est née cinq ans après moi, le 2 mai 1898; elle s'appelle Dolorès. A 14 ans, mon père a insisté pour que j'entre à l'école de commerce de Barcelone. Comme je voulais être peintre, je me suis aux cours de l'école des Beaux Arts. A l'âge de 27 ans, j'ai rencontré Pablo Picasso, qui est depuis mon ami, lors de mon premier séjour à Paris.

En 1926, j'ai fait des décors avec Max Ernst pour un ballet. C'est aussi l'année du décès de mon père, à Montroig. Un an plus tard j'ai emménagé à la cité des fusains. J'ai eu pour voisins Max Ernst, Jean Arp et Pierre Bonnard. Le 12 Octobre 1929, journée mémorable, je me suis mariée avec Pilar, je veux dire avec Pilar Juncosa à Palma de Majorque. Un an plus tard est née Dolores, ma seule fille, elle est née à Barcelone. En 1940, Shuzo Takiguchi a publié ma première biographie. En 1944, ma mère est morte et j'ai commencé mes premières céramiques avec Llorens Artigas. Et puis en 1954, j'ai reçu le prix de la gravure à la Biennale de Venise. (J'étais particulièrement heureux ce jour-là)

 

Trois ans plus tard je suis entré au collège de pataphysique; on m'appelait Satrape. C'est là que j'ai fait le mur du Soleil et le mur de la Lune sur l'immeuble de l'UNESCO à Paris avec Llorens artigas. On m'a nommé Docteur Honoris Causa des universités d'Harvard en 1968 et de Barcelone en 1979. J'ai créé la fondation Miro en 1972, et j'ai aussi fait de nouvelles propositions comme la sculpture et la peinture en quatre dimensions.

 

3- Psychologie

Une dernière question monsieur Miro, dans quel état avez-vous peint vos tableaux, à quoi pensiez-vous ?
Quand j'ai peint sur la mémoire, l'irrationnel et l'imagination c'était pour créer des oeuvres, qui, pour moi, sont des analogues visuels de la poésie surréaliste. Dans des tableaux comme l'intérieur hollandais ou le carnaval d'arlequin, j'ai voulu exprimer une touche d'humour et un côté lunatique. Je cherchais depuis longtemps à atteindre le maximum d'intensité avec le minimum de moyens. L'immobilité me fait penser à de grands espaces où se produisent des mouvements qui n'ont pas de fin. C'est, comme le disait Kant, l'irruption immédiate de l'infini dans le fini. Un galet qui est un objet fini et immobile me suggère non seulement des mouvements, mais des mouvements sans fin. Par exemple, je suis bouleversé quand je vois dans un ciel immense, le croissant de la lune ou le soleil. Il y a d'ailleurs, dans mes tableaux, de toutes petites formes dans de grands espaces vides. Les espaces vides, les horizons vides, tout ce qui est dépouillé m'a toujours beaucoup impressionné. L'homme préfère la grandeur de deux infinis que sont la petitesse et la grandeur. Pourquoi mépriser un petit brin d'herbe dans un paysage alors qu'il est aussi gracieux qu'un arbre ou une montagne ? J'accorde la même importance au détail infime qu'aux grandes masses des décors dans mes tableaux. Pendant ma période de formation entre 1916 et 1917, j'ai assimilé les principaux courants artistiques contemporains comme le cubisme, le fauvisme ou encore le futurisme. Je suis un peintre surréaliste, je veux assassiner la peinture; je veux la tuer en quelque sorte.

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ROZE MATHILDE