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Ma chère grand-mère |
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En approchant de Bruges, petit à petit, les vallées et coteaux du Nord de
la France ont cédé la place aux plat paysage de ce pays si cher à Brel.
Sais-tu que c'est à la nature de son relief, il y a mille ans non
protégé par les digues actuelles, que Bruges doit son existence, à la mer
régulièrement soumise aux tempêtes et marées d' équinoxes qui rompaient la
frêle barrière des dunes de sable pour envahir ces basses terres en y
laissant plus tard des bandes sablonneuses et des canaux naturels. Et
c'est à partir d'une jetée naturelle (Brygghia), à l' extrémité d'un de
ces canaux permettant aux navires d'accoster que la ville de Bruges
naquit et se développa au VIIIème siècle. Car après les celtes et les gallo-romains de nombreux peuples ont déferlé sur le territoire belge, l'une d' elles pour y prendre souche, les Francs-Saliens, à l' origine de la dynastie des Mérovingiens. Leur succédèrent les Carolingiens et c'est leur fondateur Charlemagne qui est à l' origine de l' organisation de leur empire en Comtés. l' un des Comtes de Flandres, Baudouin Bras de fer, alors vassal de Charles II Le chauve, roi de Francie-occidental, va édifier sur ce site de Brygghia un burg fortifié pour le protéger des invasions vikings (danois), après du deuxième millénaire les éléments se déchaînent, et la mer ouvre largement le chenal qui mène a Bruges, le Zwin, ainsi qu'une ère de prospérité marchande à la ville qui durera jusqu' au XVème siècle et s' éteindra avec l' ensablement du Zwin. Si la prospérité de la région consiste alors en la fabrication des draps, étoffes et brocards flamand célèbres dans le monde entier, la ville, résidence du Comte de Flandres, l' un des plus puissants seigneurs d'occident, devient le centre marchands le plus actif du nord de la Chrétienté, où 34 nations échangent des marchandises venant du monde entier : les corps de métier, organisés en gildes, sont dirigés par de riches bourgeois, les négociations financière ont souvent lieu dans une auberge, qui existe encore, celle de la famille Van den Beurse, à l' origine du mot bourse. |
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Hier nous nous sommes promenés le long des canaux artificiels ou naturels de la "Venise du Nord". Ils sont très nombreux à sillonner la ville, plus d'une cinquantaine, enjambés par 80 ponts dont les dos d' ânes forment les seuls reliefs de la ville. De là nous sommes passés devant l' imposant beffroi. |
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| Nous avons fait une petite pause sur le Markt où nous avons mangé des chocolats de Bruges, qu' ils sont bons ! tu en aurais mangé sans compter, gourmande comme tu es! Après cela nous avons déambulé dans un quartier de ruelles bordées de maisons-dieu, ces modestes habitations de poupée en briques blanches, édifiées par les bourgeois et les corporations du XVIIème siècle a l'intention des miséreux qui se multipliaient avec la décadence de la cité. Maman n'a pas pu résister à faire du lèche-vitrine, surtout les dentelles très réputées. Et pour dîner nous sommes allés dans une brasserie, anguilles au vert et frites avec bière locale, "la Blanche de Bruges". Mitoyenne a cette brasserie, la basilique du Saint-Sang, lieu où est conservé et exposé tous les vendredi le Saint Sang, dont la légende dit que Thierry d' Alsace ramena une relique censée contenir quelques gouttes du sang du Christ recueillies par Joseph d' Arimathie, au pied de la croix. Chaque année depuis 1820, le jour de l'Ascension, la fiole est promenée à travers Bruges C'est la procession du Saint Sang. |
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Aujourd'hui, nous avons visité le musée Memling, nom d'un grand peintre primitif flamand comme l' a été Jan Van Eyck, auteur de l'agneau mystique et de son fameux autoportrait au ruban rouge. |
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Nous avons vu aussi au musée Groeninge la Vierge au chanoine, de Van Eyck, et le Baptême du Christ, chef d’œuvre de Gérard David, dernier des primitifs. Dire que ces " ymagiers " mettaient souvent leur génie artistique au service de la notoriété de vulgaires riches marchands du XVème siècle. Après une petite trotte, nous sommes arrivés au Minewater, ce « lac d’amour » où s’ébattent les cygnes de Bruges. |
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Tu aimerais ces cygnes qui glissent majestueusement sur les canaux et illustrent la légende selon laquelle ces volatiles sont protégés depuis Maximilien d' Autriche qui à la fin du XVème siècle obligea la ville à les entretenir en mémoire de son conseiller Peter Lanchals ( lang hals signifie long coup en flamand ) décapité par les insurgés brugeois. Juste à côté, je te verrais bien pensionnaire du béguinage princier de la Vigne, l' une de ces institutions héritées de l' époque des croisades? où les femmes privées de leurs époux, furent contraintes de s' entraider et de s' organiser en communauté, et où vie contemplative et vie active se mêlaient dans le cadre paisible de ces petites cités champêtres. J' espère que tu pourras venir un jour dans cette ville merveilleuse. |
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| Deberdt Guillaume |