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La Corrida en Espagne

 

  1 : La Préparation  

Je m'appelle Antonio Sanchez, je suis matador depuis déjà cinq ans, et aujourd'hui je vais affronter mon énième taureau aux arènes de Séville. Il est midi, l'heure du sorteo: le tirage au sort qui répartit les taureaux entre les matadors. Il est temps pour moi d'aller revêtir mon traje de luces (habit de lumières): une veste, un gilet, une culotte, une chemise, une cravate, une ceinture et deux paires de bas de soie blanche ou rose. Mes chaussures, appelées zapatillas sont légères mais l'ensemble pèse tout de même une dizaine de kilos! Comme beaucoup d'espagnols, mes parents étaient très croyants et j'ai hérité de cette pratique religieuse qui a tendance à perdre de son influence. Je me dirige donc vers la chapelle des arènes pour prier. Certains n'y vont que par superstition, d'autres seulement pour prendre le frais. Il est bientôt cinq heures, l'heure pour moi d'entrer en piste.

 

  2 : Le Combat  

Tout commence par le paseo, c'est le défilé de tous les protagonistes de la corrida. Je suis au premier rang, derrière viennent les peones, les picadors, les areneros qui remettent la piste en état, puis le paseo se termine par l'arrivée du train d'arrastre, qui est composé de mules servant à tirer la dépouille du taureau en fin de combat. D'ailleurs c'est l'heure pour moi du combat. Il se présente en trois parties que l'on appelle tercios.

Le premier Tercio (le Tercio de piques) commence par la sortie du taureau. je vois donc cette bête se diriger vers moi à vive allure, mais maintenant je ne suis plus impressionné. Le taureau est attiré par cette fameuse cape rouge ou rose, la capote, que je tiens entre mes mains. Je suis secondé par les peones qui effectuent les premières passes de capote. Cela m'aide aussi à évaluer le comportement du taureau. Puis arrive le picador, il va tester la bravoure du taureau à l'aide de sa grande pique.
Le second Tercio (Tercio des banderilles). Les banderilles sont des manches terminés par un harpon et sont recouverts de papier de couleur vive. Elles sont souvent plantées par les peones, mais comme certains matadors, je préfère le faire moi-même.

Enfin, le troisième Tercio (Tercio de mise à mort). Je suis seul face au taureau et je réalise ce que l'on appelle la faena de muleta. On peut comparer la muleta à une petite capote rouge. Lorsque j'évite le taureau avec, on appelle ça une passe. C'est mon moment préféré, je réalise plusieurs passes toutes différentes les unes des autres, et le public adore ça.

 

  3 :La mise à mort  

Le taureau est encore vaillant mais arrive l'estocade. Tout le travail effectué était censé le préparer à cette fin tragique où je lui plante l'épée entre la tête et les deux omoplates. C'est fini, le public m'acclame ainsi que le Président de cette cérémonie. ce dernier m'accorde deux trophées : 2 oreilles. Elles ne sont pas en or, elles appartenaient au taureau défunt. Je laisse ma place à mes autres équipiers et je quitte l'arène sous les applaudissements des spectateurs et le soleil brûlant d'Espagne.

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Paul Croizé