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Au XVIIème siècle lorsque les
chanoines de Paris demandèrent à
Francisque Biscornet
de confectionner les
serrures de Notre Dame alors en construction il fût à la fois heureux de
voir que sa réputation de maître-serrurier était reconnue, et inquiet du
fait qu'il ne se sentait pas à la hauteur de la tâche qu'on lui demandait
d'accomplir. Biscornet était un homme étrange; ombrageux et jamais content de lui, il cherchait la perfection sans jamais la trouver, la perfection étant de domaine divin. Sa femme Perette, elle, était tout à son opposé, gai hardie et futée comme personne. De ce fait ils formaient un couple parfait |
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En bref, Francisque éprouvait de grandes difficultés. Il ne mangeait plus, il ne buvait plus, et du petit matin jusqu'à tard le soir il restait dans sa forme à travailler sans interruption. Il confectionnait des serrures plus admirable les unes que les autres, mais, à peine terminées et il détruisait son oeuvre. |
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| Ceci rendait Perette furieuse, aussi ne cessait-elle pas de le houspiller et de se morfondre devant l'assiette de son mari restée pleine. Mais rien n'y fit. Francisque poursuivit ses fiévreuses recherches si bien que le temps étant venu de rendre son travail il n'eut d'autres choix que de s'adresser au diable. |
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"Satan !"s'écria 'il, "Viens à mon aide et tu auras mon âme!". Avec ces mots le diable ne se fit pas prier. En un tour de main, par la magie des pouvoirs infernaux, il créa des serrures si parfaites qu'il n'en cru pas ses yeux. Le lendemain lorsque les chanoines vinrent prendre livraison de la commande, il furent tous éblouis et le serrurier ne put approuver, tout en contemplant avec un respect mêlé d'épouvante, le travail qu'il n'avait point fourni mais que tous lui attribuaient. Mais une fois posée au portail de la cathédrale, la serrure ne put être actionnée qu'une fois arrosée par de l'eau bénite, ce qui fit à nouveau crier au prodige. Suite à cette évènement, la réputation de Francisque Biscornet se mit a croître et a embellir, ce qui le rendit riche. Mais cette bonne fortune ne lui apportait que honte et remord. Il finit un beau jour par tout avouer à sa femme, ce qui stupéfia grandement madame Perette.
"
Ainsi dit-elle, tu as renoncé a ta place au paradis pour une serrure
!
As tu pensé a moi ? Comment pourrais-je profiter du bonheur éternel si tu
n'es pas avec moi ? ". |
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Puis elle alla demander à son mari si il avait un pacte de reconnaissance de dette. Il en avait bien sûr un, et il le donna à sa femme. Après cela, elle plaça un coussin sous sa robe et appela le diable qui arriva aussitôt. " Je veux te proposer un marcher qui t'intéressera sans doute, dit-elle. L'âme de mon mari est celle d'un très grand pêcheur. En lui achetant tu t'es fait rouler. Il boit, il vole ses clients, il brutalise sa femme, et avec ou sans pacte, il sera damné. Or,,je porte un enfant et son âme est pure . Pratiquons un échange entre lui et son père. " Perette mentait avec tant de finesse que le diable trompé se rendit a ses raisons. Il lui demanda le nom de son futur enfant et elle lui répondit sans hésiter qu'il se nommait Séraphin. Le diable remplaça donc le nom de Francisque Biscornet par celui de Séraphin Biscornet avant de partir. Quelque mois passèrent pendant lesquels Perette Façonna une marionnette en tous points semblables à un nouveau né. Le temps de l'accouchement étant venu, elle fit semblant de mettre au monde son enfant et elle s'en occupa quelques temps jusqu'à ce que le diable, pour hâter les choses, envoya Séraphin des maladies infantiles, si bien qu'il ne fut pas étonné d'entendre un beau matin Perette hurler que son bébé était mort. Satan vint aussitôt chercher son dû pour le ramener en enfer après avoir brûlé le pacte, et ce n'est qu'à la fin qu'il s'aperçut du subterfuge. Ses hurlements n'y purent rien changer. Et Perette et Francisque purent enfin profiter de leur vie opulente. Quant aux serrure maudites, elle ornent toujours les portails latéraux de Notre Dame, et cinq siècles plus tard, leur perfection demeure une énigme pour les historiens. |
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| Guillaume |