C


Le Lapin Agile

 

Je vais vous raconter mon histoire... Je suis né sous le pinceau d'André Gill en 1875. Et voilà ce qui s'est passé jusqu'à aujourd'hui...

 

1 : Un lapin sorti de quel chapeau ?

e bâtiment existait dès 1860 et s'appela successivement "Au rendez-vous des voleurs" puis le "Cabaret des assassins". Mon portrait qu'André Gill dessina en 1875 sur la façade décida du nom définitif : le Lapin Agile ( de "lapin à Gill" ).

En 1886, Adèle devient le propriétaire du lieu. Aristide Bruant me prend sous sa protection en 1902 : il me sauve la vie en rachetant la bâtisse pour éviter qu'elle ne soit démolie.

C'est Frédéric Gérard, dit le "Père Frédé", qui construit ma célébrité : sa casquette de breton, sa barbe, sa pipe légendaire deviennent des institutions.
Dès qu'il y a un public il chante, s'accompagnant à la guitare : chacun récite ou reprend en choeur les chansons populaires.

 

2 : Autour d'une table

es écrivains, poètes et peintres du début du siècle, alors inconnus, trouvent chez moi un lieu de rencontre, de critique, d'entraide : Picasso, Utrillo, Derain, Braque, Modigliani, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, André Salomon, Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, Caran d'Ache, Charles Dullin...

Aristide revend le cabaret en 1922, à des conditions les plus amicales, au fils de Frédé, Paulo; et avec l'aide de sa femme, la chanteuse Yvonne Darle, le spectacle s'organise ; je deviens un vrai nid de nouveaux talents : chanteurs, poètes, musiciens font ici leurs débuts.

  • Dans les années 30 : Pierre Asso, Pierre Brasseur, Clément Duhour, Rina Ketty, André Pasdoc, Jacques Pills, Claude André Puget...

  • Dans les années 40: Jean-Roger Caussimon, Pierre Dudan...

  •  

  • Dans les années 50/60: François Billetdoux, Georges Brassens, Jacques Estérel, Annie Girardot, Alexandra Logoya, Yves Mathieu, Claude Nougaro, Ida Presti, Eric Robrecht, Georges Zamfir...

 


 

 

3 : A vos pinceaux

ntre toutes les histoires m'entourant, il faut citer celle du "peintre Boronali".
En 1912, on expose au Salon d'Automne des Indépendants le "coucher de soleil sur l'Adriatique". Il y est très remarqué et vendu 400 francs. Mais le fou rire général commence lorsqu'on annonce que ce tableau a été peint par un âne : en effet, c'est le Père Frédé et quelques amis ( Dorgelès, Warnod et Depaquit ) qui ont attaché un pinceau à la queue de
Lolo, l'âne de Frédé.

 
 

                                                                                            

 

Gaëlle